Qui est Nnimmo BASSEY ?

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Nnimmo Bassey a grandi au Nigeria et a vu de grandes sociétés pétrolières causer de nombreuses pollutions. Cela a  beaucoup influencé sa vie et il a  décidé de défendre les droits de l’homme et de l’environnement, les deux étant intimement liés. C’est un poète, un écrivain et on peut le qualifier d’activiste  dans la mesure où ses activités sont militantes.

Il pense que la situation de l’Afrique n’est pas désespérée et que les populations peuvent encore réagir. Ses actions sont très vastes : il échange avec les villageois touchés par la pollution et la pauvreté afin de partager ses connaissances et organiser une résistance.

Beaucoup de défis l’attendent : combattre les multinationales et les gouvernements corrompus (il a parfois fait de la prison ou été interdit de voyage) ainsi que la violence. Beaucoup de jeunes, en effet, combattent les répressions policières par la violence mais ce n’est pas une solution à long terme. Il croit que seul le dialogue peut apporter une solution durable.

Concernant les multinationales, la communication est extrêmement difficile (surtout avec les entreprises pétrolières). Par exemple, en 1995, des militaires britanniques incendièrent un village entier pour pouvoir garder le monopole de l’exportation de l’huile de palme. De plus, il critique les « fausses solutions » des gouvernements qui ne font que repousser la prise de décisions.  Les vraies solutions ne peuvent venir que des forces civiles, qu’elles soient locales ou internationales. Dans cette perspective, il construit actuellement des groupes communautaires pour l’environnement et les droits de l’homme.

Quelles sont ses actions en cours ?

  • Afin de lutter contre la faim dans le monde, il préconise l’obtention d’une indépendance alimentaire ;
  • il tente de lutter contre la première cause du réchauffement climatique : les énergies fossiles (transports, usines…). Il faut que les gouvernements investissent dans les énergies renouvelables, que les étudiants/chercheurs inventent de nouvelles solutions…. L’être humain a les moyens de faire cela ;
  •  il demande aussi aux actionnaires des grandes sociétés comme Shell ou Total de vendre leurs actions afin de montrer qu’ils s’opposent à leurs pratiques.

En quoi ses actions ont-elles conduit à une prise de conscience écologique ?

  • Beaucoup de formations, d’actions pédagogiques sont organisées dans les villes et villages afin d’informer et prévenir les populations. Des campagnes sont menées  auprès des gouvernements pour stopper  la contrebande et les  vols de barils (+ de 400 000 par jour) ;  il faut aussi surveiller les  pipe-lines et les frontières ;
  •   depuis 20 ans, il a ainsi pu noter de grands changements dans le comportement des gens. Certains, même les plus pauvres et les plus faibles osent parler, partager leurs connaissances, témoigner lors de procès, dire non, car lorsque l’eau est polluée, cela devient pour eux une question de vie ou de mort !

Sait-on  qui a proposé sa nomination au Prix Nobel Alternatif ?

Non, car il y a beaucoup de personnes et de  très bons projets parfois méconnus et c’est très difficile de choisir. Il y a quatre gagnants par an : le 1er obtient le titre, ce qui l’aide à valider ses projets et les trois autres reçoivent 50.000 euros.

Il en est très fier mais sa plus grande victoire reste l’engagement des plus démunis.

Les prix qu’il reçoit ne sont pas une reconnaissance personnelle, il pense à tous ceux qui se battent aussi avec courage. Cependant, grâce à ses actions il y a des progrès avec les tribunaux, ils écoutent et prennent plus souvent leur défense qu’auparavant. Ses paroles ont plus de poids.

De plus, Nnimmo Bassey possède beaucoup d’amis dans le monde qui l’aident et le soutiennent malgré les menaces quotidiennes.

Enfin, des événements comme le festival Mode d’emploi sont très importants car ils permettent de faire avancer les choses. A l’inverse, la télévision (la publicité notamment) est un outil de mondialisation qui a un mauvais effet en créant une césure générationnelle : les jeunes sont attirés par les villes, lieux de consommation, donc de pollution et rêvent d’une vie meilleure, qu’ils ne pourront jamais avoir.

 

Anaïs Martin  2de3

 

Rencontre avec un homme d’exception : Nnimmo Bassey

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Il est impressionnant de rencontrer quelqu’un d’aussi important que Nnimmo Bassey. D’une part, à cause de sa taille imposante mais surtout parce qu’on ne rencontre pas souvent un homme ayant reçu le prix Nobel alternatif (en 2010) ! Un homme qui s’est dressé contre les multinationales (comme Shell contre laquelle il a remporté un procès en 2010) et contre son propre pays dont les dirigeants sont corrompus et où il est difficile d’exprimer son opinion. En effet, au Nigeria, ce sont plus les exploitants européens qui sont au pouvoir que les Nigériens eux-mêmes. C’est une des choses que Nnimmo Bassey dénonce dans ses livres.

A la médiathèque de Villefranche, c’est une étudiante qui menait la conférence. Nnimmo Bassey, assisté par une traductrice car il ne parle pas français, a sympathiquement répondu à toutes les questions que nous avons pu lui poser. Voici maintenant, un petit résumé de celles-ci et de ses réponses.

Il est activiste, écrivain et poète et ces trois fonctions sont liées pour lui. Il agit à travers ses livres et ses actions humanitaires. A ses yeux, l’environnement est une question  politique et il dénonce le fait que les politiciens ne la prennent pas assez au sérieux. Mais M. Bassey souligne bien le fait que «  l’Afrique n’est pas une situation désespérée ». Cet homme parle en connaissance de cause. Ce n’est pas un théoricien,  il a vécu certaines des atrocités décrites dans son livre  To cook a continent et il a déjà fait de la prison pour ses propos jugés trop véhéments. On pourrait le comparer à Gandhi non seulement pour cette raison mais aussi parce qu’il nous a dit que la violence ne faisait en rien avancer les choses et que la non-violence était la meilleure des solutions.

Il pense également que les conférences sur l’environnement comme celle qui a eu lieu à Copenhague en 2009 sont inutiles car elles n’apportent aucune solution (c’est d’ailleurs une idée qui est revenue le lendemain quand nous l’avons revu au festival Mode d’Emploi à l’hôtel de la Région à Lyon).

L’écrivain nous a aussi appris que nous, en tant qu’occidentaux, pouvons agir en faisant comprendre aux sociétés comme Shell que nous ne sommes pas d’accord avec les procédés honteux de ces multinationales car « parler amène le progrès ».

Quant à sa plus grande victoire, elle est morale. Constater que des gens qui n’osaient pas s’exprimer peuvent à présent vaincre leur peur et s’opposer engendre une joie supérieure à celle ressentie lors du procès gagné contre Shell au tribunal de La Haye en 2010. Peu avant la fin de la conférence, il nous confia que les problèmes de droits humains sont liés à des changements climatiques et que nous ne surpassons en rien la nature. Au contraire, nous lui devons le respect, et  il ne faut pas oublier que la planète a des droits. C’est sur cette note juste et poétique que Nnimmo Bassey mit fin à conférence.

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Mais avant de partir et, à la demande de notre professeur d’anglais Mme Chapuis, il nous a lu en rythme un de ses poèmes, en nous demandant d’en chanter le refrain. En voici quelques extraits:

The heavens are open

Above our heads

Toasted dreams in

In a scrambled sky

A million black holes

In a burnt out sky

Their pipes may burst

But our dreams won’t burst

We thought it was oil

But it was blood

They may kill all

But the blood will speak

They may gain all

But the soil will RISE

…………………

We are the living

Long sacrificed

We thought it was oil

But it was blood

A méditer donc…

Samuel Voldoire (seconde 3). Cette rencontre s’est effectuée dans le cadre des cours d’ECJS (M.L.Dumas) et d’anglais (S. Chapuis) en collaboration avec le CDI.

 

 

 

Aide humanitaire et lutte contre le réchauffement climatique : même combat pour les élèves de 5ème 8

« C’est souvent l’image d’un ours polaire hagard sur un pan de glace rétréci qui symbolise l’impact  des changements climatiques. Comme si, hélas les hommes n’étaient pas eux aussi, et au premier chef, affectés par ce phénomène… Parce qu’ils agissent sur les causes fondamentales de la malnutrition (l’insécurité alimentaire, l’accès à l’eau réduit), les changements climatiques viennent grossir les rangs des victimes de la malnutrition. Résultat : on estime que la sous-nutrition infantile sera de 20% supérieure à ce qu’elle aurait été en l’absence de changement climatique d’ici 2050. Aujourd’hui, la sous-nutrition tue 10 000 enfants par jour. Combien seront-ils demain si nous ne faisons rien aujourd’hui ? »

Nous avons trouvé ces mots sur le site d’Action contre la faim : http://www.actioncontrelafaim.org et avons décidé d’agir concrètement pour aider les gens qui souffrent de la faim en récoltant de l’argent mais aussi en sensibilisant nos concitoyens au réchauffement climatique dont les pays en voie de développement sont les premières victimes.

« Au cours de la dernière décennie, le nombre de personnes exposées aux catastrophes dites « naturelles » a triplé. Les pays en voie de développement sont les plus touchés, tant par la fréquence de ces désastres que par le nombre de victimes. Une personne sur 19 est affectée dans ces pays, contre 1 personne sur 1500  dans les pays riches ! D’ailleurs, ce sont souvent les pays ou populations qui émettent le moins de carbone  qui, injustement, souffrent le plus des changements climatiques. »

Dès l’automne, les élèves de 5ème 8 se sont mis à l’action.

« En novembre 2011, nous avons eu le projet de réaliser des cartes de vœux. Sur du papier recyclé, nous avons illustré des slogans que nous avions recherchés sur le thème du développement durable et de l’entraide. En voici quelques-uns : « partageons nos cadeaux, partageons nos richesses », « préservons la nature notre plus beau cadeau » ou encore « la terre est lourde, portons là ensemble ». Nous avons vendu ces cartes au marché de Noël écolo, bio et équitable et avons récolté une belle somme d’argent (169,44 €) que nous avons décidé d’envoyer à Action contre la faim. Pourquoi avons-nous choisi cette association ? Parce qu’elle explique bien le lien entre la dégradation de l’environnement et l’augmentation de la sécheresse et de la malnutrition. Nous avons d’ailleurs travaillé sur cela dans notre programme d’histoire-géographie. Envoyer ce chèque à Action contre la faim est une façon pour nous de soutenir leur engagement et de les remercier. »

Une femme d’exception à Mongré

Rencontre philosophique et sociale au CDI

Dans le cadre des cours de philosophie et d’économie de terminale, les classes de TLES2 et TES1 ont eu la chance de rencontrer Cécile Renouard, lors d’une conférence qui a eu lieu le 22 mars 2012 au CDI.

Cécile Renouard, religieuse de l’Assomption, diplômée de l’ESSEC (grande école de Commerce) et docteur en philosophie est l’auteur de plusieurs ouvrages. Dans ses travaux, elle s’interroge sur la responsabilité sociale et écologique des agents économiques. C’est dans cette démarche interrogative qu’elle parcourt le monde depuis une vingtaine d’années et effectue des enquêtes dans de grandes entreprises.

Une religieuse qui travaille avec Total et Danone étonne ! Pourtant cette démarche est logique sachant que ses recherches ont pour but d’améliorer les relations entre populations locales et entreprises internationales et de contribuer à une réflexion sur les conditions d’un partage durable et équitable de la richesse créée.

C’est à la suite d’études sur le terrain qu’elle a observé que les firmes étrangères s’installent dans un pays en développement sans savoir comment se comporter avec la population locale. Ce problème engendre souvent des différends avec les autochtones en raison des inégalités créées. Mais en quoi consistent ces inégalités et quels problèmes présentent l’implantation des firmes dans des pays en développement? Plusieurs aspects sont ici à prendre en compte: le développement durable (dans toute la complexité du terme) et la responsabilité des entreprises. L’expression « développement durable » comprend ici aussi bien la gestion interne de l’entreprise que son rapport avec ses parties prenantes locales et l’environnement. L’enjeu est donc de taille et les entreprises rencontrent une multitude de problèmes à gérer! Dans leurs rapports aux populations locales, la question est ambiguë: d’une part les entreprises doivent, en s’installant dans un pays, être en règle avec les autorités, et d’autre part elles se doivent de gérer leur intégration dans la société locale. Parfois l’univers de l’entreprise reste très externe à la vie locale, et ne propose guère d’emploi à la population. Des accords sont passés avec l’Etat en question au sujet des mesures sociales, économiques et environnementales à respecter. Dans le cas de pays en voie en développement, l’Etat rencontre parfois des difficultés à imposer aux entreprises des mesures strictes (soit en raison d’une corruption interne à l’Etat soit à cause de la fragilité du gouvernement). Les responsables des firmes – notamment les entreprises extractives – passent dans certains cas des accords à l’amiable avec les dirigeants des différentes communautés, ce qui peut entrainer des pratiques clientélistes qui  engendrent des inégalités de richesse au sein des populations locales et divisent les individus. Même le développement d’infrastructures bénéfiques aux populations peut avoir des effets ambivalents. D’un côté, les écoles ou établissements médicaux sont nécessaires dans ces pays et peuvent être une façon pour ces firmes de se faire accepter par les populations. Mais de l’autre, les entreprises dépassent souvent, dès leur installation, leur domaine de compétence en remplaçant les pouvoirs publics défaillants sans assumer ce qui relève de leur responsabilité à l’égard des conséquences négatives, directes et indirectes, de leur activité : pollution, nuisances, transformations sociales, etc.

Cécile Renouard dénonce l’approche imprécise de ces entreprises lorsqu’elles abordent la question de développement durable. Comment savoir si elles recherchent une croissance durable de leurs activités, gage de maximisation du profit pour les actionnaires, ou une contribution éthique à leur aire d’influence ; quelle est donc la responsabilité de ces firmes ?

Sœur Cécile et ses collègues sont ainsi intervenus au Nigeria, en Indonésie et en Inde dans l’optique d’améliorer les liens entre les populations locales et  les firmes.

Dans le cadre professionnel ainsi que dans sa vie personnelle, Sœur Cécile s’intéresse à la qualité du lien social. Le bonheur et le bien-être sont en effet fortement conditionnés par la qualité des relations humaines. À la suite de ce constat, et dans la ligne de travaux d’économistes et de philosophes comme Amartya Sen et Martha Nussbaum, un nouvel indicateur a été mis au point. Il se base sur des critères innovants et cherche à mesurer la qualité des relations humaines. Nommé « indicateur de Capacité Relationnelle »,  il rappelle que ce qui rend heureux est la qualité des relations humaines.

Dans ses différents ouvrages Cécile Renouard propose avec réalisme et optimisme des solutions alternatives à l’économie capitaliste du monde. Le modèle contemporain semble s’asphyxier de lui même, aussi est-il logique de s’interroger sur les actions à entreprendre pour reprendre en main cette situation qui nous échappe, pour favoriser un vivre-ensemble durable pour tous.

Ses différents ouvrages traitent d’économie et d’éthique et sont parfois co-écrits par des spécialistes de divers secteurs. En décembre 2008, en pleine crise financière, Cécile Renouard et d’autres personnalités sensibles à l’avenir économique se sont réunies dans le but de proposer des réformes du capitalisme contemporain. Qu’ils soient mathématiciens ou chefs d’entreprises, philosophes ou praticiens des marchés financiers, ils se sentent concernés par le futur de notre économie. De ce fait, différents sujets ont été abordés et regroupés dans l’ouvrage : Vingt propositions pour réformer le capitalisme, 2012 (3ème édition) aux éditions Flammarion. Aujourd’hui, la situation est en effet extrêmement préoccupante, mais quelles sont les actions menées pour l’améliorer ? Est-ce la remise à flot des banques aux frais des contribuables ? Quel avenir ces manœuvres économiques nous promettent-elles? Pour les différents auteurs de cet ouvrage (Gaël Giraud, Cécile Renouard…) il faut proposer de réels changements, quitte à bouleverser l’ordre contemporain. Il s’agit par exemple de proposer un contrôle financier et extra-financier des entreprises (proposition 3) ou encore d’établir une finance au service de l’économie (proposition 10). Ces propositions, loin d’être utopistes prennent en compte la question de l’environnement. L’avenir ne peut pas contourner l’écologie, non pas parce que c’est « la mode » mais parce que ce sera une composante inéluctable de l’économie. De ce fait sont proposées de nombreuses alternatives, telles que « intégrer les impacts environnementaux et sociaux des entreprises dans l’analyse financière et dans l’investissement » (proposition 4). Cet ouvrage montre qu’un avenir est possible pour l’économie et qu’il s’agit juste de trouver la voie ou les voies qui assureront un équilibre pérenne.

Il était donc intéressant, lors de cette rencontre, de voir que s’engager dans la religion et être actif dans le milieu de l’économie et des multinationales n’est pas incompatible! « Bien au contraire! » semble nous dire Cécile Renouard dans un sourire.

Les élèves ayant participé à l’échange tiennent à remercier Cécile Renouard de sa visite à Mongré et des moments d’échanges partagés

Alix Bougain et Christelle Laplanche

Le Colorado, histoire du pillage d’un fleuve

Le Colorado

Le Colorado

Le Colorado est un fleuve d’Amérique du Nord, long de 2 250km qui naît dans la chaîne des Rocheuses aux Etats-Unis et se jette dans le golfe de Californie au Mexique.

Le fleuve se trouvant en grande partie sur le territoire des Etats-Unis, les Américains y ont construit des barrages à partir des années 1930. Ces barrages servaient à apporter de l’eau et de l’hydroénergie dans les grandes métropoles californiennes. Ainsi le Colorado constitue 60 % des ressources en eau de la Californie et plus de 90 % pour la ville de Las Vegas.

Le Colorado, en plus d’être une source économique pour l’eau et l’hydroénergie, est aussi un lien politique car il sert de frontière entre les USA et le Mexique sur près de 20km.

Afin d’atténuer les inégalités, l’ALENA (accord de libre échange nord américain) a établi des règles de partage en 1994 mais cela n’a pas réglé les difficultés liées à la gestion de l’eau.

Le problème du partage des eaux du Rio Colorado entre les États-Unis et le Mexique n’est pas nouveau. Il remonte en fait à la fin du XIXe siècle, quand de grandes compagnies américaines ont commencé à aménager la plaine du fleuve, de part et d’autre de la frontière, pour former une vaste région agricole destinée à alimenter en fruits et légumes les grands centres de consommation de la côte.

Le problème s’est amplifié avec la croissance démographique de la « ceinture du soleil » qui a drainé les migrants du nord et de l’est du pays vers les centres urbains de la Californie, de l’Arizona et de l’Utah, en même temps que commençaient à se développer des villes situées du côté mexicain de la frontière. Au cours des années 1960, la mise en place des usines d’assemblage (maquiladoras) a provoqué un vaste mouvement de migration vers les cités frontalières, qui ont vu leur population décupler en quelques années. Or, malgré l’ampleur des disparités socio-économiques que l’on rencontre de part et d’autre de la frontière, les standards de vie dans ces villes influencées par la culture américaine font que la consommation d’eau augmente sans cesse, creusant ainsi le déficit hydrique d’une zone en plein développement.

Le problème n’est pas seulement économique mais aussi écologique. En effet, le Colorado ne peut quasiment plus atteindre le golfe de Californie ce qui engendre de graves conséquences sur la faune et la flore dans ce milieu désertique qui souffre déjà d’un manque d’eau terrible, pour la nature et pour les habitants.

Pour conclure, le Colorado est donc une ressource naturelle indispensable à la vie car il nourrit de nombreuses villes américaines, mais son exploitation crée de grandes disparités économiques et écologiques entre les Etats-Unis et le Mexique.

Alexis Hitte, Etienne Péquignot, Damien Ruet Blanchard (1ère ES2)

Travail réalisé lors des séances d’ECJS (C. Lecocq) au CDI.

L’eau : symbole de conflit au Moyen-Orient

L’eau est une ressource rare et très prisée.

Nous pouvons le constater en Egypte, avec le barrage d’Assouan et dans le conflit israélo-palestinien, avec le Tigre et l’Euphrate.

Construit au cours des années 60, inauguré en 1971, entré en pleine capacité en 1975, le barrage d’Assouan en Egypte a permis une meilleure irrigation des cultures, tout en autorisant la navigation touristique sur le Nil tout au long de l’année, sans parler de la production d’énergie électrique.

Face à la croissance démographique du pays, ce barrage a agi comme une véritable bulle d’oxygène.

Seulement voilà : au début de sa construction, il y avait seulement 30 millions d’habitants en Egypte. Actuellement, il y en a 67 millions; il y en aurait 86 millions en 2025, et 115 à 120 millions en 2040. Aujourd’hui, la quantité d’eau est de 900 mètres cube/habitant/an. Elle passerait à 674 mètres cube seulement en 2025.

En clair, la retenue d’eau est jugée insuffisante, d’autant plus qu’il faut tenir compte de la sécheresse en Afrique Orientale, qui a perduré durant plusieurs années consécutives. Entre 1979 et 1988, les précipitations étaient inférieures à la moyenne, entraînant la nécessité de puiser dans le lac Nasser. Au début de 1988, il ne restait déjà plus que 8 kilomètres cube de réserves utilisables entraînant ainsi une baisse tendancielle de l’alimentation du Nil…

Nés dans les montagnes d’Analie Orientale, apportant l’eau et la vie dans les plateaux et les plaines steppiques et désertiques de Syrie et d’Irak, le Tigre et l’Euphrate permettent l’extension du « croissant fertile » dans les zones les plus arides du pays. Malheureusement, ils sont source de conflit entre les trois pays riverains. A savoir : l’Irak, la Syrie, et la Turquie. Chacun désire préserver son avenir hydraulique en contrôlant les eaux dont il a besoin. Mais l’eau est devenue plus rare (sans pour autant atteindre la situation de pénurie) à cause des cultures irriguées, de plus en plus nombreuses ces dernières décennies. La discorde n’a pas toujours été présente pour le partage de ces deux bassins jumeaux car au début, ces deux fleuves ne faisaient qu’un (même entité territoriale: l’empire Ottoman).

Cependant, après la première guerre mondiale, ces deux fleuves sont devenus transfrontaliers, partagés entre les trois riverains. Le conflit n’a jamais cessé depuis…

En Egypte comme au Moyen-Orient, le problème reste le même : trop de monde pour trop peu d’eau. Malgré les nombreux aménagements hydrauliques mis en place, les mécontents sont toujours aussi nombreux, et le conflit est toujours aussi intense. On ne sait quand il s’arrêtera, et quand l’eau deviendra enfin une ressource accessible à tous de façon équitable…

Marie Boutry, Ella Jimbert, Célia Porcherot, Candice Pupat (1ère L-ES2)

Travail effectué lors des séances d’ECJS (C. Lecocq) au CDI.

La guerre de l’eau

Depuis près de 2500 ans a lieu un conflit économique autour de l’Euphrate entre trois pays : la Turquie, la Syrie et l’Irak

La Turquie désirant le monopole de l’eau, a commencé à construire des barrages (le barrage Ataturk par exemple), diminuant ainsi le débit de l’eau pour les deux autres pays.
Le partage équitable de l’eau entre ces trois pays semble donc aujourd’hui hors de portée. En effet, l’Irak souhaite un partage égal tandis que la Syrie veut laisser la partie du Tigre aménageable à l’Irak et garder le reste du fleuve pour la Turquie et elle-même.
Pour subvenir à ses besoins, la Turquie a donc eu l’idée de construire le barrage Birecik sur l’Euphrate, noyant ainsi sous les eaux de nombreux villages et relogeant prés de 30000 habitants. Ces derniers n’ont pas été les seules victimes : de nombreuses terres fertiles et donc cultivables ont été sacrifiées, soi disant pour aider au développement du pays !

Ces barrages auront donc uniquement profité à la Turquie, privant ainsi les pays voisins d’une augmentation des débits de l’eau.
Il y a donc peu de chances que la guerre entre ces trois pays se termine prochainement…

Louis Renard, Nicolas Pina, Alexandra Rodriguez, Manon Berault (Première ES2)

Dans le cadre de l’ECJS (C. Lecocq)

Alerte en Amazonie

En Amérique du Sud, notamment au Brésil, les populations locales sont menacées par la déforestation dans leur mode de vie traditionnel. Les territoires réservés exclusivement aux populations amérindiennes représentent aujourd’hui 1 035 000 km², ou 21% de l’Amazonie brésilienne.

Ceci entraîne une disparition des patrimoines culturels liés à la forêt, et souvent même la mort des populations autochtones : au XXème  siècle, au moins  90 tribus dépendantes de la forêt ont disparu avec leur langue, leur culture et leur savoir.

En Amazonie, la plus grosse réserve mondiale forestière, de nombreuses multinationales exploitent l’espace et les richesses naturelles des tribus. Celles-ci, sous la contrainte, doivent quitter leurs terres contre leur gré.

Les économies forestière mais aussi rurale sont détruites car la déforestation génère une désertification.

De nouvelles cultures industrielles de soja ou de palmier à huile entraînent un effondrement de la biodiversité et de graves problèmes sociaux et culturels.

Cette dégradation de l’environnement menace l’économie dans ces pays où le tourisme est la principale source de revenus. Une dégradation du cadre de vie des habitants y est constatée.

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L’équivalent d’un terrain de football déboisé toutes les 10 secondes (source : INPE)

Clémentine Bres, Laura de Angelis , Natacha Duvernoy, Nathalie Seity

Première ES2 (séance d’ECJS, C Lecocq)

La mer d’Aral en phase terminale

Photo Yann Arthus Bertrand

Photo Yann Arthus Bertrand

Paysage de désolation. La Mer d’Aral est devenue au fil des années un véritable cimetière maritime où des dizaines d’épaves juchent sur le sol abandonnées par les eaux.

Depuis presque un demi-siècle, la mer d’Aral vit une longue agonie. En effet, de 1960 à 2004, sa surface est passée de 68 000 km² à seulement 17 160 km². Cette étendue d’eau qui est donc de plus en plus rare se situe en Asie centrale et était jadis la quatrième plus grande surface d’eau salée intérieure au monde. Aujourd’hui, à l’aube du 21ème siècle, la mer d’Aral apparait véritablement comme l’une des pires catastrophes écologiques de notre époque.

La Mer d’Aral, autrefois l’équivalent du Portugal en termes de superficie, n’est aujourd’hui qu’un vulgaire lac salé qui se dessèche dans une indifférence quasi générale de la part de la communauté internationale. Étant donné que cette catastrophe environnementale concerne plus directement le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, pays peu présents et peu influents sur la scène internationale, force est de constater que tout le monde s’en contrefiche ! En à peine quarante ans, l’Aral a perdu la moitié de sa surface et les trois quarts de son volume d’eau. Il y avait là autrefois une faune et une flore riches,  de nos jours tout cet écosystème a bel et bien disparu. Un milieu naturel unique sacrifié par l’URSS au nom d’une politique d’industrialisation démesurée. Dans les années 60, les économistes soviétiques déterminent qu’il faut développer la culture intensive de coton dans la région. Les fleuves Amou-Daria et Syr-Daria qui alimentaient jusqu’alors la mer d’Aral sont détournés pour irriguer ces nouvelles cultures. Des cultures immenses qui s’étendaient alors sur pas loin de 7 millions d’hectares. Ainsi, il s’agit de 20 à 60 km³ d’eau qui auraient été détournés en seulement l’espace d’une année, en l’an 1960. Les soviets ont ainsi provoqué la disparition de nombreuses espèces aquatiques, la salinité de l’eau devenue trop importante étant incompatible avec toutes formes de vie. De plus, l’utilisation, jadis en quantités gigantesques de pesticides et d’insecticides transportés par les deux fleuves, ont eu des conséquences sanitaires catastrophiques confirmées depuis par l’OMS. Effectivement, au fur et à mesure que la mer d’Aral s’asséchait, les substances chimiques restées au fond du bassin se sont retrouvées à l’air libre alors que l’eau s’évaporait. Ce qui a provoqué des cancers, des anémies et le taux de mortalité infantile le plus élevé au monde.

Une mer coupée en deux : l’espoir renaît !

Image satellite

Image satellite

Le déclin de la mer d’Aral tout au long des quarante dernières années est malheureusement bien visible depuis l’espace.

Un beau jour, l’Aral finit par se scinder en deux parties, pour le moins inégales. Il y a la « Petite Mer » au nord et la « Grande Mer » au sud. L’extrême salinité des eaux (10 grammes par litre en 1960, 120 en 2007 dans la Grande Mer) aura donc conduit à la disparition d’une vingtaine d’espèces de poissons et dès les années 1980, toutes les activités piscicoles cessèrent logiquement. Cependant, il existe aujourd’hui une lueur d’espoir quant à la survie de la mer d’Aral. Le miracle pourrait se produire pour la Petite Mer qui, elle, a une réelle chance de perdurer. La raison en est simple : à la différence du sud où le fleuve Amou-Daria est toujours détourné pour la culture du coton qui continue encore de nos jours, le Sir-Daria au nord déverse désormais dans l’Aral un débit conséquent et régulier. Depuis 3 ans, le niveau en eau de la Petite Mer se stabilise et le taux de salinité n’augmente plus inexorablement comme auparavant. À noter que le barrage de Kokaral, inauguré en 2005, grâce à un financement du Kazakhstan et de la Banque mondiale a, lui aussi, contribué à ce petit miracle. Le rôle principal de cette  gigantesque digue longue de 13 km est de stopper l’écoulement à perte du fleuve Sir-Daria dans la partie sud de l’Aral (la Grande Mer) qui semble, quant à elle, totalement condamnée et donc vouée à un assèchement définitif.

Le dilemme économique

Cartographie

Cartographie

Les ressources économiques autour de la mer d’Aral. (Source : Cartografareilpresente.org)

La culture du coton fait vivre des milliers d’ouzbeks en amont de l’Amou-Daria. Il s’agit de la base de l’économie de la région, la machine industrielle est lancée et ira sans aucun doute jusqu’à l’assèchement total de la Grande Mer. Mais que dire des pêcheurs vivant en aval de ce même fleuve ? Eux ont tout perdu. N’ayant pas les moyens de se reconvertir dans la culture du coton, ils acceptent le travail ouvrier qu’offre cette industrie, faute de mieux. Sauver la Mer d’Aral est aujourd’hui impossible, mais l’homme peut encore préserver la Petite Mer et rétablir l’activité de la pêche. Préserver la Petite Mer pour se donner bonne conscience, abandonner la Grande Mer pour assurer l’économie du coton : telle pourrait être l’analyse de la situation actuelle. Pour autant, il est vraisemblablement trop tard et l’homme a tout de même asséché, en l’espace de quelques décennies, l’une des plus grandes réserves d’eau intérieure de la planète. Cela paraît complètement fou, mais cela a été fait.

Il y a 50 ans, la mer d’Aral offrait du travail à la fois aux pêcheurs comme aux producteurs de coton. Le jour où la balance a été déséquilibrée, tout a été déréglé et en premier lieu la nature.  Cette harmonie aujourd’hui détruite doit faire prendre conscience de la façon dont on doit mener le développement. La catastrophe de la mer d’Aral est l’exemple terrible d’une nature forcée, déséquilibrée, au profit d’une manœuvre agricole et économique non mesurée. Cet exemple doit nous convaincre qu’on ne peut choisir entre économie et environnement ; nous pouvons dès maintenant comprendre qu’il faut nous organiser en respectant tous les aspects de la nature. De même, il est primordial de faire en sorte que l’homme puisse jouir de ce qu’offre la nature  dans le but d’exercer une activité économique et ainsi subvenir à  ses besoins.

Il y a donc de l’espoir pour l’avenir de la région, l’Asie centrale est une véritable réserve de ressources naturelles telles que le gaz et le pétrole. On parle d’ailleurs de plusieurs gisements pétroliers potentiels aux alentours de l’Aral, ce qui serait une véritable aubaine pour ce territoire dévasté en pleine reconstruction économique. Le nord commence à aller mieux grâce à la résurrection inespérée de la Petite Mer ; quant au sud, il continue de soustraire à la nature des quantités invraisemblables d’eau  destinées à la culture du coton. Le réveil prévoit d’être difficile lorsqu’un beau jour il n’y aura plus la moindre goutte d’eau en mer d’Aral.

Le partage de l’eau dans le futur

La nouvelle capitale du Kazakhstan, Astana

La nouvelle capitale du Kazakhstan, Astana

La nouvelle capitale du Kazakhstan, Astana, a été inaugurée en 1998 et se développe depuis extrêmement rapidement sur le modèle d’une ville américaine.

La Petite Mer sera sauvée, espérons-le. Mais, par malheur, la Grande Mère n’aura pas cette chance, elle est sans aucun doute, aujourd’hui, condamnée à disparaître. Les cinq républiques d’Asie centrale crées par Staline dans les années 1930 (Kazakhstan, Ouzbékistan, Turkménistan, Kirghizstan et Tadjikistan.) sont toutes dépendantes du même réseau hydraulique. En 1993, un Fonds d’assainissement de la mer d’Aral (Ifas) est créé pour mettre en place une politique commune de la gestion de l’eau. Manifestement, un échec total. Seul le Kazakhstan, relativement prospère grâce à son pétrole, se préoccupe véritablement du milieu naturel. Mais pour les autres États de la région, plus pauvres, la protection de l’environnement n’est malheureusement toujours pas à l’ordre du jour. L’exemple de l’Ouzbékistan est saisissant,  la culture du coton demeure une source de revenus à l’exportation et représente près de 25% de son PIB – le gouvernement ouzbek ne veut et ne peut y renoncer. En amont, le Kirghizstan souhaite développer ses capacités hydroélectriques, aux dépens bien évidemment de l’irrigation en aval. Mais outre les risques importants qui pèsent sur l’écosystème, ces désaccords sur le partage de l’eau constituent des sources de conflits politiques potentiels.

Même atrophiée par l’homme, la mer d’Aral survivra en partie à un nouvel épisode malheureux de sa longue histoire. Il y a trois ans, des archéologues ont découvert sur les terres asséchées de l’Aral les vestiges de deux cités anciennes baptisés par les scientifiques : Kerdeli 1 et Kerdeli 2. Ces découvertes confirment des études selon lesquelles il y aurait eu des détournements de l’Amou-Daria à l’époque de Gengis Khan (XIIème siècle) et de Tamerlan (XIVème siècle) vers la mer Caspienne. Des détournements naturels ou peut-être provoqués par l’homme qui auraient sans doute fait subir à la mer d’Aral un sort similaire à celui qu’elle connaît aujourd’hui…

Rédaction : Edouard Josse

Recherches : Maxime Vigier, Adrien Chouve, Antoine Chardon. (Première ES2)

Cette enquête a été réalisée lors des séances d’ECJS (C.Lecocq)