1083, une solution durable pour le marché du jean ?

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Aujourd’hui en France, il est vendu en moyenne 66 millions de jeans par an. L’industrie du jean, par sa fabrication mondialisée et sa reconnaissance sur toute la planète, ne connaît pas la crise. Du fait de son uniformisation, Il s’en vend 2,3 milliards de paires par an, pour un chiffre d’affaires de 58 milliards de dollars. 86% de ces jeans sont vendus dans les pays développés. Quatre pays concentrent plus de 80% des jeans importés en Europe : le Bangladesh, la Turquie, la Chine et le Pakistan. Il n’y a là aucune surprise, ce sont les principaux bassins de production du jeans. La Turquie est l’un des grands fournisseurs de textile à l’Europe. Toutefois, l’Europe se fournit moins chez les pays de la Méditerranée (Maroc, Tunisie, Turquie) et davantage chez les pays asiatiques. Le prix moyen du jean de Tunisie est de 17€, contre 13,5€ en Turquie et 5,4€ pour le Bangladesh. Le secteur du textile, pilier de l’économie du Bangladesh, représente 80% des exportations du pays. Cela a largement contribué à faire reculer la pauvreté dans le pays, en à peine vingt ans.

En ce moment, de nouveaux pays, avec des prix plus attractifs se tournent  vers la production du jean. Ce sont certains pays du continent africain : L’Éthiopie, le Kenya, le Mali et l’Égypte voient s’installer des usines de production. L’instabilité politique du pays et les risques de guerre, ici comme dans les autres pays, n’encouragent pas les affaires et n’incitent pas les entreprises à s’y installer. Ce problème récurrent est l’un des éléments qui empêchent un bon développement du continent africain.

La mondialisation de l’industrie du jean est un facteur de croissance considérable pour les pays producteurs  pour qui cette production constitue une grande part de leur économie nationale. Cette mondialisation profite par ailleurs aux principaux intéressés, les consommateurs, puisqu’ils bénéficient d’une grande variété de jeans et de prix avantageux. Pour les pays rentrant dans la chaîne de production du jean, bien que cela leur permette de se développer économiquement, les impacts sont nombreux.

Avant d’arriver dans nos magasins français, le jean est produit et acheminé en huit  étapes. De la culture du coton à la distribution du jean, beaucoup d’actions sont effectuées par divers acteurs. Nous pouvons, grâce à ces étapes, faire un lien entre le jean et la production du coton.

Environ deux millions d’agriculteurs produisent en moyenne plus de deux millions de tonnes de coton graine, soit près de 830 000 tonnes de fibres au taux moyen de rendement. Un jean est composé à lui seul de 600 grammes de coton avec quelques rivets et boutons en métal.

Cette production mondialisée importante engendre des conséquences  humaines, sociales et environnementales désastreuses.  En effet, il faut savoir que l’industrie textile est la deuxième industrie la plus polluante au monde, après l’industrie du pétrole. L’industrie du jean en fait partie. Autre exemple : le  24 avril dernier,  1 127 ouvriers sont morts dans l’effondrement d’un bâtiment abritant des ateliers de confection, près de la capitale du Bangladesh, Dacca. Un drame historique, mais loin d’être isolé, qui a mis au jour les conditions de travail déplorables des quelque 3,5 millions de salariés du secteur.

Il faut aussi savoir que la plupart des industries textiles emploient des ouvriers pour un salaire misérable. En plus de ne gagner que 2 ou 3 euros par journée de 12 heures de labeur en moyenne, ils travaillent   dans des conditions dangereuses pour leur santé, car ils sont exposés aux produits chimiques utilisés notamment dans la teinture des jeans. Une étude des eaux aux abords des usines, au Xintang, a été menée par Greenpeace, en 2010.  70% des cours d’eau en Chine sont pollués à cause de l’industrie textile. Les échantillons d’eau prélevés ont été analysés, et des taux de produits chimiques bien plus élevés que la limite maximale ont été établis. On y trouve par exemple du  manganèse, qui a  des effets irréversibles sur le cerveau, ainsi que l’alkyl phénol, qui réduit la fertilité. D’autres techniques sont dangereuses pour la santé, comme le sablage, qui permet de lui donner un aspect « vintage »,  pose  particulièrement problème, car il expose les travailleurs à la silice cristalline alvéolaire : libérée lors de la pulvérisation du sable, elle provoque la silicose chez ceux qui l’inhalent. A un stade avancé, cette maladie pulmonaire incurable devient invalidante, voire mortelle. Pour prendre un exemple parlant, 47 ouvriers de Turquie sont décédés après 6 mois d’exposition. Cette technique est censée être interdite dans plusieurs pays, mais la plupart ont recours à des moyens détournés pour continuer de l’utiliser.  Par ailleurs, les principaux pays producteurs de coton-fibre étant la Chine, l’Inde, les États-Unis, on observe  là aussi des problèmes : l ‘Ouzbékistan a été le premier pays à exploiter le  coton de manière intensive et les conséquences ont été désastreuses : en 40 ans, la mer d’Aral a été divisée par trois.  Cet assèchement est dû au détournement de l’eau de cette mer afin d’irriguer les champs   de culture de coton d’Asie centrale. C’est l’une des plus importantes catastrophes environnementales du XXème siècle. Outre le gaspillage de l’eau, la culture de cette plante nécessite énormément d’engrais et de pesticides. L’usage d’engrais est polluant. Il faut savoir que la plupart des pesticides utilisés dans la culture du coton sont considérés comme dangereux par l’OMS (Organisation Mondiale pour la Santé) mais continuent d’être vendus par des firmes multinationales, telles que Bayer ou Monsanto, dans les pays en voie de développement, notamment en Inde.

En somme, les dommages engendrés concernent, d’une part, l’environnement : pollution des nappes phréatiques, destruction des ressources en eau, salinisation des sols, déclin de la fertilité des sols causé par une culture intensive, empoisonnement direct et indirect via la contamination des nappes phréatiques, du bétail, et d’autre part, la santé humaine :  il n’est pas rare d’observer une hausse inhabituelle de nombreuses maladies et cancers  chez les travailleurs ou les riverains de ces usines.

Pour chaque hectare de coton,  on utilise en moyenne  près de 1 kg  de pesticides provoquant, selon  l’OMS, chaque année de réels dégâts humains : 1 million de personnes sont intoxiquées et 22 000 personnes meurent ou se suicident, notamment en Inde, suite à  la culture du coton.

Face à ce désastre,   1083  jeans,  100% écolo, travaille dans le respect de l’environnement et de ces salariés. C’est est une entreprise de jeans française.  Elle a été fondée en 2013 par Thomas Huriez. Celui-ci avait déjà crée son premier commerce éthique en 2007, Modetic, un magasin de distribution de vêtements écologiques français. Il crée sa propre marque,  d’abord de jeans, puis de chaussures :  L’entreprise 1083 est née !

Thomas se lance alors à la recherche de sites de productions et d’experts français du jean. Ils sont difficiles à trouver car il y en a très peu. Mais il n’abandonne pas  et finit par dénicher les  bonnes personnes. Son projet qualifié d’ « impossible » par beaucoup finit par voir le jour. Grâce au financement participatif (ulule), il réussit à  récolter  les gains nécessaires au lancement de sa production.

Pourquoi ce nom 1083 ? 1083 km séparent les 2 villes les plus éloignées de l’hexagone : Menton au sud-est et Porspoder, un petit village au nord de Brest. 1083 km, c’est donc le nombre de kilomètres maximum qu’un jean peut faire pour aller de l’usine de production au consommateur. Un jean standard, quant à lui, peu parcourir jusqu’à 65.000 km lors de sa fabrication.

Aujourd’hui, depuis le lancement de 1083, plus de 30 000 jeans et chaussures ont été commandés, qui ont permis de créer 30 emplois en France.

Les jeans 1083 sont en coton bio (il vient de Tanzanie, de Turquie ou du Mali), entièrement tissés et fabriqués en France. Le fil de coton est teint dans l’une des dernières usines de teinture encore en activité en France,  à Sevelinges,  dans la Loire, avec des colorants dont l’innocuité (la non toxicité) est prouvée. Juste à côté,  à Charlieu, on tisse la toile denim. Les pièces sont ensuite confectionnées à Marseille où on réalise la coupe du denim, la couture des différents éléments, la finition, la pose des boutons et rivets et enfin le repassage.

La seule étape de la confection qui ne se fait pas  en France est celle de la filature qui a lieu en Grèce et en Belgique. En effet, il n’existe plus de filature de coton en France. Les rivets et boutons viennent également d’Italie,  faute de fabricant français.

Le succès de 1083 repose en fait sur le savoir-faire de sa main d’œuvre, son implication, et la suppression des intermédiaires de distribution.

En 4 ans seulement, 1083 affiche déjà 2 millions de chiffre d’affaire. Mais le jean « made in France » est-il vraiment durable ? C’est un produit de grande consommation, et non pas de luxe, un marché hyperconcurrentiel, et non pas une niche.

1083 a adopté une réelle stratégie marketing. Pour Thomas, La communication, le marketing, c’est le pilier de 1083. . Thomas essaye d’être toujours au plus proche de ses clients ainsi que de ses fournisseurs. Au début, lors du lancement de la marque, il a fait le tour de France à vélo avec sa femme, visitant tous les fournisseurs, allant au plus proche de ses collaborateurs. 1083 étant également une des seules vraies marques totalement françaises, elle est très médiatisée. Présente au salon des artisans français, interviewée de toute part, florissante en projets, on en entend parler de partout. Ainsi,  la marque touche en même temps ses clients historiques de base, très engagés dans la protection de l’environnement, mais aussi une clientèle plus mode, plus sensible au  «  made in France » et plus attachée au prix.

La stratégie économique de Thomas est la suivante : il a  copié le modèle économique des anciens fabricants de chaussures de Romans il y a 50-60 ans, à savoir multiplier  par 3 le prix de revient pour avoir le prix de vente, alors que dans la mode conventionnelle on multiplie par 10. C’est un modèle économique avec moins d’intermédiaires : environ 97 % de la valeur ajoutée de l’achat du client reste sur le territoire.

Thomas cherche une troisième voie entre le capitalisme classique et le système coopératif : il  envisage la création d’une  « fondation actionnaire » à laquelle il va céder la majorité de l’entreprise, ce qui va garantir à l’entreprise de ne jamais pouvoir être délocalisée,  car elle va appartenir à une structure qui n’a pas de but lucratif.

Entre  l’enseigne Marques Avenue et le Musée de la Chaussure, Thomas lance  dans la région une nouvelle  opération d’envergure : réhabiliter l’usine Jourdan, aujourd’hui une friche, pour en faire un pôle industriel, commercial et touristique. Que ce soit pour le recyclage de jeans usagés, le tissage, la confection, toute l’usine s’ouvrira au public.  Des expositions, des boutiques,  des jardins,  des restaurants verront le jour sur le site pour un investissement total  de 5 millions d’euros !

Ce secteur reste néanmoins très concurrentiel et difficilement accessible pour plusieurs raisons : tout d’abord, les prix sont relativement élevés. On peut d’ailleurs souligner que le magasin à Lyon se situe dans le quartier de la Croix Rousse, quartier d’une classe sociale plutôt élevée. De plus, les stocks ne sont jamais garantis et les clients repartent généralement sans leurs produits, qu’ils doivent  alors commander. Les variétés de coupes et de couleurs ne sont pas nombreuses car l’entreprise ne peut pas, d’un point de vue financier, diversifier sa production.

La concurrence est très forte dans un milieu où le capital de base doit être élevé. 1083 a choisit une solution aléatoire : le financement participatif.  Certes,  l’entreprise crée des emplois,  mais elle ne peut pas, à grande échelle,  offrir des salaires élevés et des horaires satisfaisants pour tous.

Enfin, ce type de relocalisation n’est pas du tout soutenu par l’Etat tant sur le plan financier que moral et social,  et il  n’est pas à l’abri  d’une crise financière importante.

En conclusion, nous insisterons sur le fait qu’ il existe réellement des conséquences sociales et environnementales à la production planétaire qu’elle celle du jean.  Produit par milliards dans le monde chaque année,  essentiellement au Bangladesh, il est de notre devoir de remettre en cause ce modèle et de changer notre façon de consommer,  afin de prôner le vivre ensemble et le respect  à la fois de  la planète et des hommes et des femmes qui ont droit à la liberté. Ainsi, l’entreprise 1083 avec son nouveau modèle industriel, sa production faite de coton bio, de matériaux naturels et son respect des employés répond pleinement à ce besoin de changer de  société et de créer par ailleurs de l’emploi dans un pays affaibli  par  le chômage et les déficits financiers, où l’industrie est en déshérence et où la délocalisation est le mot d’ordre.

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Cet article a été rédigé dans le cadre de nos recherches en TPE. Madeleine Duffez, Ella Godfroy et Justine Galopin (1ES1.)

Deux heures avec une femme d’exception

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Dans le cadre des cours de philosophie et d’économie, la classe de T°L-ES2 a eu la chance, et surtout l’honneur, de rencontrer Cécile Renouard lors d’une conférence au CDI.

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Sœur Cécile est une religieuse de l’Assomption, diplômée de l’ESSEC et docteur en philosophie ; elle a d’ailleurs écrit plusieurs ouvrages dont Éthique et Entreprise (1)Depuis plus de 20 ans, elle s’interroge sur la responsabilité des grandes entreprises quant à la justice sociale, sur l’importance du lien social et du bien-être au travail, sur la compatibilité entre le rendement et le développement durable. C’est pour répondre à ces interrogations qu’elle parcourt le monde et pousse les portes des plus grandes multinationales.

Sœur Cécile fait partie de cette catégorie de personnes qui se définissent par leurs actes. Les premiers mots qu’elle nous a dits sont : n’attendez pas pour changer les choses qui ne vous conviennent pas et surtout, n’attendez pas d’ordres « d’en haut». Ce ne furent pas des paroles dans le vent et sans réel fondement. Pour les besoins de sa thèse, elle est partie en Afrique, notamment au Nigeria. Là-bas, elle a enquêté sur le terrain dans des firmes internationales telles que Lafarge ou Unilever. Elle s’intéresse à l’impact qu’ont ces entreprises sur le développement des populations et des pays où elles sont installées. Elle nous dit qu’à l’époque, quand elle a frappé aux portes de ces grandes entreprises, elle l’a fait naïvement, sans penser qu’elle pourrait trouver portes closes. Aujourd’hui, elle pense que c’est son statut de religieuse qui l’a aidée à entrer dans l’intimité de ces châteaux-forts car les responsables de ces multinationales lui ont fait confiance.

Actuellement, elle dirige un programme de recherche à l’ESSEC nommé CODEV « entreprise et développement ». Ce programme de recherche est transversal, il mêle l’économie, l’anthropologie, la sociologie, la philosophie et des matières plus scientifiques. Le programme prend en compte des aspects techniques et humains car il faut associer plusieurs axes de réflexion pour repenser le modèle actuel et chercher des modèles plus justes et plus durables. Il s’agit de trouver à plusieurs dans le cadre de choix et de libertés personnelles à exercer, d’autres critères d’évaluation de nos actions, ce qui est assez rare. La plupart du temps, le développement durable n’est vu que par un seul prisme, soit économique, soit social, soit écologique. Pour en revenir au programme de recherche, son fil conducteur est la qualité du lien social et du bien-être des populations. Ces deux critères sont la base d’un bon développement social et économique d’un pays car, quand une population se sent bien, elle a plus envie d’investir dans son pays pour le faire progresser.

Kant disait « Agis de façon telle que tu traites l’humanité, aussi bien dans ta personne que dans toute autre, toujours comme une fin et jamais simplement comme un moyen ». Pour Cécile Renouard, nous avons tous une richesse intérieure, chaque vie a un prix, et chaque être est unique et irremplaçable. Mais comment pouvons-nous organiser nos sociétés afin que chacun ait sa place? Comment associer ces principes moraux aux entreprises qui considèrent, souvent, leurs salariés comme des moyens pour produire plus et gagner plus ? Pour évaluer si les grandes entreprises agissent pour la qualité du lien social, l’écosystème et les générations suivantes, le programme CODEV a mis en place un indicateur de capacités relationnelles qui comporte trois dimensions :

– pouvoir être en relation avec d’autres (relation humaine, moyens de transport, moyens d’information) ;

– pouvoir entretenir une relation privée (ressentir et donner de l’amour, de l’amitié, avoir confiance dans sa famille ou ses amis et pouvoir recevoir de l’aide) ;

– pouvoir s’engager civiquement (faire partie d’associations, pouvoir voter, faire des travaux d’intérêts collectifs ou pouvoir avoir confiance en des inconnus).(2)

Ces critères peuvent nous paraître simplistes mais au Nigeria par exemple, presque aucun d’entre eux n’a été validé. En effet, à cause des activités pétrolières mal gérées, de son économie vulnérable aux chocs climatiques et aux fluctuations des cours des matières premières, de sa forte croissance démographique et de son insécurité face aux conflits religieux, les relations interpersonnelles nigérianes se sont dégradées.

La transition de notre monde doit donc se faire au bénéfice du lien social et écologique. Cet horizon est obligatoire pour nos sociétés mais, contrairement à ce que l’on nous montre, il y a énormément de solutions. Comme l’a dit C. Renouard, il faut que le changement vienne d’en-bas et pour cela, il faut d’abord analyser notre propre situation et relativiser :suis-je moi-même en qualité de relation avec les autres ? Quel est mon rapport à l’argent ?Elle nous a relaté l’expérience d’un jeune doctorant qui travaille avec elle et qui a préféré faire une thèse, ce qui lui plaisait, plutôt que de gagner le salaire mirobolant promis par son école.Pourquoi ne pas compter autrement ce qui compte ? Quel est mon rapport à la technologie ? Suis-je autonome face à mes appareils ou dépendant ? Ces appareils me sont-ils utiles ?

Chacun a des richesses inouïes et uniques qu’il convient de partager. Aussi, n’attendons plus pour associer nos capacités d’initiative !

Cécile Renouard a terminé son intervention en citant Gandhi : « Sois le changement que tu veux pour le monde ».

 

Jade Radisson et Estelle Leblond T°L,

Cet article a été écrit dans la cadre du cours de philosophie de C. Lecocq Hubert en lien avec la pastorale.

 

(1)Cécile Renouard, Ethique et entreprise, Editions de l’Atelier, 2015.

(2) http://irene.essec.edu/codev/relational-capability-index-rci

Turnkey une société d’économie solidaire

Turnkey une société

Dans le cadre de l’aide personnalisée, nous avons la chance de rencontrer au BIO Frédéric Farré créateur et directeur de l’entreprise Turnkey.

La société est composée de 5 salariés dont 4 en Turquie (Uniquement des femmes car Frédéric Farré les trouve très efficaces !) et réalise un chiffres d’affaire de 500000 euros par an.

C’est grâce au dispositif «rencontre avec un professionnel » proposé par Gaëlle Ducrot que nous avons pu écouter cet homme très abordable et chaleureux, au parcours atypique, et dialoguer avec lui.

Frédéric Farré a occupé divers postes au sein de multiples sociétés, cependant il a été touché, à 35 ans, comme beaucoup de nos concitoyens, par un licenciement. Pendant 6 mois il s’est alors remis en question et a opéré une profonde réflexion sur le sens de sa vie et sur son avenir professionnel. Il a compris que cette règle « gagner de l’argent et faire du chiffre d’affaires » n’était pas la sienne et qu’il voulait concilier réussite économique et éthique écologique. L’argent seul ne fait pas le bonheur ! Il a alors profité de son expérience et de sa connaissance de la Turquie pour créer une entreprise qui favorise le développement durable et l’économie solidaire.

La devise de l’entreprise est la suivante : privilégier les produits et services qui peuvent permettre de « trouver un mode de développement qui réponde aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Il s’agit concrètement de vendre à des sociétés françaises porteuses de ces mêmes valeurs des services leur permettant de s’implanter en Turquie.

Les conseils peuvent porter sur la sélection du lieu d’implantation, l’évaluation des risques et l’analyse de l’environnement industriel, le choix de la forme juridique etc. Par exemple, Turnkey a aidé une entreprise française créatrice de murs végétaux ou de jardins verticaux à s’implanter en Turquie.

Tous les produits « greenteck ou cleenteck » sont bons à être exportés. « S’orienter vers des technologies qui rendent l’avenir des jeunes meilleurs » tel est le souhait de Fréderic Farré.

Afin d’être en cohérence avec son engagement écologique, il verse 1% de son chiffre d’affaires à l’organisme « 1% pour la planète » et il a crée une association éco-responsable Natreeve project qui est engagé dans un vaste programme de reforestation. Il nous a expliqué avec passion que un quart des médicaments pour soigner le cancer provient des forêts et qu’un patient qui est hospitalisé dans une chambre avec vue sur la nature rentre chez lui une journée plus tôt !

Il nous a vivement conseillé, sur ce sujet, la lecture du livre Du bon usage des arbres de Francis Hallé aux éditions Actes Sud. La quatrième de couverture résume la finalité de cet ouvrage passionnant : « A l’attention des élus et des collectivités publiques, un petit cours sur l’arbre, sa gestion, sa culture, son rôle dans la ville, afin qu’il ne soit pas menacé par l’incompétence, le souci de rentabilité, le principe de précaution, le mépris de tout ce qui vit, quand ce n’est pas tout cela à la fois. »

En conclusion, nous pouvons dire que cette rencontre fut très plaisante mais aussi instructive car nous avons compris que le développement économique et l’écologie ne sont pas nécessairement en opposition comme beaucoup semblent nous le faire croire !

Lua Reis, éco-déléguée et Irène de Fréminville

Cet article a été écrit dans le cadre des heures d’A.P de seconde en lien avec l’orientation professionnelle (BIO) et l’éducation au développement durable (CDI)

Désobéir à la voiture

Désobéir à la voitue

Dans le cadre du projet « Lire pour demain » proposé aux lycéens avec le soutien de la Région Rhône-Alpes, nous avons lu Désobéir à la voiture, pamphlet co-écrit par Xavier Renou et « les désobéissants », et publié aux Editions Le passager clandestin en 2012.

Auréolée de prestige, la voiture tient une place à part dans l’imaginaire collectif. Les quatre dernières décennies ont pourtant vu éclore des formes de désobéissance à l’automobile.
Vendue comme un formidable outil de liberté, la voiture est devenue un fléau responsable de plus de quinze millions de morts et de blessés chaque année dans le monde, de la disparition accélérée des terres agricoles, de la fragmentation des espaces naturels, de la dégradation de notre environnement, de la multiplication de maladies respiratoires et de cancers, du déclenchement de guerres meurtrières pour l’accès au pétrole et de la plus grande menace actuelle pour l’espèce humaine, le réchauffement climatique. Devant l’incapacité des décideurs à sortir du tout-voiture, des militants écologistes inventent de nouvelles manières de résister, créatives, ludiques, humoristiques, ou désobéissantes.
Contester l’omniprésence de l’automobile, c’est également s’opposer aux sports mécaniques, aux infrastructures routières, aux 4×4, à la publicité, aux salons de l’automobile… Désobéir à la voiture, c’est redonner vie à l’espace public, à la proximité et à la rencontre, ferments de toute contestation.
Nous suivrons les différentes actions menées par des organisations écologiques comme Greenpeace, ainsi que les désastres sur l’environnement et le développement durable causé par l’utilisation de pétrole et son impact néfaste sur la couche d’ozone et la nature. Ensuite nous verrons différents procédés pour arrêter cette pollution et préserver notre planète de l’industrie automobile et pétrolière, comme le retour inévitable du vélo, et l’impact de la voiture sur le réchauffement écologique.
En lisant ce livre nous découvrirons surtout l’histoire de la voiture et ses différentes évolutions, ainsi que les actions menées contre cette industrie auto pétrolière. Nous verrons que les voitures électriques ne sont pas si écologiques, contrairement à ce que disent les média. Pour finir, on peut se poser cette question :
Faut-il limiter la circulation des voitures et préserver notre environnement ou faut-il continuer à privilégier ce mode de transport et détruire peu à peu notre planète ?

Un monde possible ?

Rencontre avec Cécile Renouard

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Elle parle d’une voix posée, calme. Elle se présente, Cécile Renouard, sœur Cécile. Elle incarne cet impératif sartrien, de l’individu qui se définit par ses actes, par les choix qu’elle a posés. De formation commerciale (diplômée de l’ESSEC), elle a décidé après un tour du monde de « chercher son bonheur ailleurs ». C’est à la suite de son séjour en Argentine avec l’Assomption au sein des favelas, puis d’un questionnement intense durant le Pèlerinage de Chartres, qu’elle s’est orientée vers le choix d’une vie religieuse. Et si elle choisit l’Assomption, c’est parce qu’elle y a trouvé, un équilibre entre l’engagement dans la société et la prière. Partie pour Bordeaux après son noviciat, Sœur Cécile entame une licence de philosophie. Elle enseigne quelque temps puis part pour le centre Sèvres (Facultés Jésuites de Paris) où elle poursuit des études de théologie avant d’entamer un doctorat de philosophie politique à l’EHESS.
C’est ici que tout commence. Pour les besoins de sa thèse, sœur Cécile part pour l’Afrique et notamment pour le Nigeria et le Kenya. Elle entame des enquêtes de terrains poussées au sein de grandes firmes internationales (Michelin, Total, Unilever, Lafarge) étudiant leur impact sur la vie des populations. Avec le recul, elle se définit comme d’une grande naïveté, d’être allée démarcher ces firmes sans penser un seul instant qu’elle pourrait trouver portes closes. Et pourtant, sa candeur s’est trouvée payante, beaucoup acceptèrent. Selon elle, son statut de religieuse a énormément aidé. Aujourd’hui et depuis huit ans, elle dirige un programme de recherche, à l’Essec : CODEV « Entreprises et développement ». Dans ce cadre elle a différentes conventions de recherche avec des entreprises comme Total et Danone, et avec l’AFD (Agence Française pour le Développement). Et elle explique : les problèmes entre les différentes régions au Nigeria, du fait d’une manne pétrolière très inégalement répartie ; une minorité qui s’accapare les richesses ; une jeunesse mal formée… Et elle raconte aussi, l’histoire du Tamil Nadu, cette région de l’Inde qui a choisi l’industrialisation à outrance, et le risque de marginalisation de plus en plus exacerbée des Dalits, les plus pauvres.
Sœur Cécile en arrive au cœur de la conférence, et fait remonter une question, celle de la durabilité de notre modèle. Ses travaux nous mettent face à nous-mêmes, à nos incohérences. Nous cherchons à tout prix la croissance économique, la simple augmentation du PIB. Nous sommes à l’image de ce courant des utilitaristes qui affirme que tant que le bien global est assuré, le sacrifice de certains nous importe peu. Comme Descartes le prédisait, nous sommes devenus « comme maîtres et possesseurs de la nature ». Mais qu’avons-nous fait de la morale ? Nos sociétés se sont bâties sur un paradoxe insoutenable, nous avons ostracisé des régions entières de la mondialisation, à l’échelle du monde mais aussi à l’intérieur même des nations. Tant que nous restons gagnants, pourquoi fermer la boîte de Pandore ? Nous polluons, nous détruisons, mais l’argent rentre, le profit des actionnaires n’a jamais été aussi haut depuis le krach de 1929. Et nous persistons à penser que notre modèle est le plus développé, nous ne nous privons pas de faire la leçon à 1.3 milliards d’Indiens qui souhaitent tous un véhicule. Mais comment être crédibles alors que notre pays compte quatre-vingt-trois voitures pour cent habitants ? Comment pouvons –nous refuser aux pays émergents les fruits d’une croissance productiviste que nous-mêmes avons amplement goûtés ?
« Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs », Si nous voulions correspondre à la définition du Développement durable, il faudrait laisser dans nos sols quatre-vingt pour cent des ressources fossiles trouvées aujourd’hui ; ne plus consommer que deux tonnes de CO2 par an et par habitant…Les Etats-Unis en sont déjà à dix-sept tonnes par an et par habitant ! Le constat est donc alarmant, pessimiste… Les acteurs semblent tout aussi incertains. Dans les gouvernements, il n’y a encore aucune univocité quant à la transition écologique et énergétique. Et si quelques entreprises et ONG tentent d’agir, cela ne constitue encore qu’une goutte d’eau dans l’océan.

Alors l’avenir est-il si sombre qu’il n’en a l’air ? Sœur Cécile dit rester confiante. Même si les initiatives restent éparses, elles ont le mérite d’exister et de devenir de plus en plus nombreuses. Elle fait référence à Pierre Rabhi, à ces hommes et ces femmes qui prennent le risque de changer, de penser notre monde autrement. Elle montre que l’argent, fruit de notre capitalisme effréné, n’est pas source de bonheur, ou du moins que partiellement. Elle nous invite, nous la jeunesse à être les acteurs du changement, nous sommes l’avenir.
Cette femme nous amène ainsi sur le terrain d’une réflexion profonde, à la croisée de l’éthique, de la politique, de l’écologie, de l’économie, de la philosophie. Elle nous amène à considérer un changement global de notre système et non porté sur un domaine ciblé. Et nous repartons avec en chacun de nous, l’idée que nous sommes capables d’agir, que nous sommes aptes à changer, à vivre et penser autrement. Sœur Cécile nous invite à considérer notre place d’acteurs pour un monde plus juste et plus moral. Et elle le fait avec toute la générosité, l’humilité et la force qu’elle dégage.

Nous ne pouvons donc terminer que sur cet impératif de Gandhi, « Sois le changement que tu veux pour le monde ».

Cette conférence/rencontre a été organisée dans le cadre des cours de philosophie (C. Lecocq Hubert), de SES (F. Angelot) et en lien avec la pastorale (sœur Catherine).

Corentin Leblond, TES2

Qui est Nnimmo BASSEY ?

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Nnimmo Bassey a grandi au Nigeria et a vu de grandes sociétés pétrolières causer de nombreuses pollutions. Cela a  beaucoup influencé sa vie et il a  décidé de défendre les droits de l’homme et de l’environnement, les deux étant intimement liés. C’est un poète, un écrivain et on peut le qualifier d’activiste  dans la mesure où ses activités sont militantes.

Il pense que la situation de l’Afrique n’est pas désespérée et que les populations peuvent encore réagir. Ses actions sont très vastes : il échange avec les villageois touchés par la pollution et la pauvreté afin de partager ses connaissances et organiser une résistance.

Beaucoup de défis l’attendent : combattre les multinationales et les gouvernements corrompus (il a parfois fait de la prison ou été interdit de voyage) ainsi que la violence. Beaucoup de jeunes, en effet, combattent les répressions policières par la violence mais ce n’est pas une solution à long terme. Il croit que seul le dialogue peut apporter une solution durable.

Concernant les multinationales, la communication est extrêmement difficile (surtout avec les entreprises pétrolières). Par exemple, en 1995, des militaires britanniques incendièrent un village entier pour pouvoir garder le monopole de l’exportation de l’huile de palme. De plus, il critique les « fausses solutions » des gouvernements qui ne font que repousser la prise de décisions.  Les vraies solutions ne peuvent venir que des forces civiles, qu’elles soient locales ou internationales. Dans cette perspective, il construit actuellement des groupes communautaires pour l’environnement et les droits de l’homme.

Quelles sont ses actions en cours ?

  • Afin de lutter contre la faim dans le monde, il préconise l’obtention d’une indépendance alimentaire ;
  • il tente de lutter contre la première cause du réchauffement climatique : les énergies fossiles (transports, usines…). Il faut que les gouvernements investissent dans les énergies renouvelables, que les étudiants/chercheurs inventent de nouvelles solutions…. L’être humain a les moyens de faire cela ;
  •  il demande aussi aux actionnaires des grandes sociétés comme Shell ou Total de vendre leurs actions afin de montrer qu’ils s’opposent à leurs pratiques.

En quoi ses actions ont-elles conduit à une prise de conscience écologique ?

  • Beaucoup de formations, d’actions pédagogiques sont organisées dans les villes et villages afin d’informer et prévenir les populations. Des campagnes sont menées  auprès des gouvernements pour stopper  la contrebande et les  vols de barils (+ de 400 000 par jour) ;  il faut aussi surveiller les  pipe-lines et les frontières ;
  •   depuis 20 ans, il a ainsi pu noter de grands changements dans le comportement des gens. Certains, même les plus pauvres et les plus faibles osent parler, partager leurs connaissances, témoigner lors de procès, dire non, car lorsque l’eau est polluée, cela devient pour eux une question de vie ou de mort !

Sait-on  qui a proposé sa nomination au Prix Nobel Alternatif ?

Non, car il y a beaucoup de personnes et de  très bons projets parfois méconnus et c’est très difficile de choisir. Il y a quatre gagnants par an : le 1er obtient le titre, ce qui l’aide à valider ses projets et les trois autres reçoivent 50.000 euros.

Il en est très fier mais sa plus grande victoire reste l’engagement des plus démunis.

Les prix qu’il reçoit ne sont pas une reconnaissance personnelle, il pense à tous ceux qui se battent aussi avec courage. Cependant, grâce à ses actions il y a des progrès avec les tribunaux, ils écoutent et prennent plus souvent leur défense qu’auparavant. Ses paroles ont plus de poids.

De plus, Nnimmo Bassey possède beaucoup d’amis dans le monde qui l’aident et le soutiennent malgré les menaces quotidiennes.

Enfin, des événements comme le festival Mode d’emploi sont très importants car ils permettent de faire avancer les choses. A l’inverse, la télévision (la publicité notamment) est un outil de mondialisation qui a un mauvais effet en créant une césure générationnelle : les jeunes sont attirés par les villes, lieux de consommation, donc de pollution et rêvent d’une vie meilleure, qu’ils ne pourront jamais avoir.

 

Anaïs Martin  2de3

 

Rencontre avec un homme d’exception : Nnimmo Bassey

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Il est impressionnant de rencontrer quelqu’un d’aussi important que Nnimmo Bassey. D’une part, à cause de sa taille imposante mais surtout parce qu’on ne rencontre pas souvent un homme ayant reçu le prix Nobel alternatif (en 2010) ! Un homme qui s’est dressé contre les multinationales (comme Shell contre laquelle il a remporté un procès en 2010) et contre son propre pays dont les dirigeants sont corrompus et où il est difficile d’exprimer son opinion. En effet, au Nigeria, ce sont plus les exploitants européens qui sont au pouvoir que les Nigériens eux-mêmes. C’est une des choses que Nnimmo Bassey dénonce dans ses livres.

A la médiathèque de Villefranche, c’est une étudiante qui menait la conférence. Nnimmo Bassey, assisté par une traductrice car il ne parle pas français, a sympathiquement répondu à toutes les questions que nous avons pu lui poser. Voici maintenant, un petit résumé de celles-ci et de ses réponses.

Il est activiste, écrivain et poète et ces trois fonctions sont liées pour lui. Il agit à travers ses livres et ses actions humanitaires. A ses yeux, l’environnement est une question  politique et il dénonce le fait que les politiciens ne la prennent pas assez au sérieux. Mais M. Bassey souligne bien le fait que «  l’Afrique n’est pas une situation désespérée ». Cet homme parle en connaissance de cause. Ce n’est pas un théoricien,  il a vécu certaines des atrocités décrites dans son livre  To cook a continent et il a déjà fait de la prison pour ses propos jugés trop véhéments. On pourrait le comparer à Gandhi non seulement pour cette raison mais aussi parce qu’il nous a dit que la violence ne faisait en rien avancer les choses et que la non-violence était la meilleure des solutions.

Il pense également que les conférences sur l’environnement comme celle qui a eu lieu à Copenhague en 2009 sont inutiles car elles n’apportent aucune solution (c’est d’ailleurs une idée qui est revenue le lendemain quand nous l’avons revu au festival Mode d’Emploi à l’hôtel de la Région à Lyon).

L’écrivain nous a aussi appris que nous, en tant qu’occidentaux, pouvons agir en faisant comprendre aux sociétés comme Shell que nous ne sommes pas d’accord avec les procédés honteux de ces multinationales car « parler amène le progrès ».

Quant à sa plus grande victoire, elle est morale. Constater que des gens qui n’osaient pas s’exprimer peuvent à présent vaincre leur peur et s’opposer engendre une joie supérieure à celle ressentie lors du procès gagné contre Shell au tribunal de La Haye en 2010. Peu avant la fin de la conférence, il nous confia que les problèmes de droits humains sont liés à des changements climatiques et que nous ne surpassons en rien la nature. Au contraire, nous lui devons le respect, et  il ne faut pas oublier que la planète a des droits. C’est sur cette note juste et poétique que Nnimmo Bassey mit fin à conférence.

Rencontre avec un homme 2 (1)

Mais avant de partir et, à la demande de notre professeur d’anglais Mme Chapuis, il nous a lu en rythme un de ses poèmes, en nous demandant d’en chanter le refrain. En voici quelques extraits:

The heavens are open

Above our heads

Toasted dreams in

In a scrambled sky

A million black holes

In a burnt out sky

Their pipes may burst

But our dreams won’t burst

We thought it was oil

But it was blood

They may kill all

But the blood will speak

They may gain all

But the soil will RISE

…………………

We are the living

Long sacrificed

We thought it was oil

But it was blood

A méditer donc…

Samuel Voldoire (seconde 3). Cette rencontre s’est effectuée dans le cadre des cours d’ECJS (M.L.Dumas) et d’anglais (S. Chapuis) en collaboration avec le CDI.

 

 

 

Une femme d’exception à Mongré

Rencontre philosophique et sociale au CDI

Dans le cadre des cours de philosophie et d’économie de terminale, les classes de TLES2 et TES1 ont eu la chance de rencontrer Cécile Renouard, lors d’une conférence qui a eu lieu le 22 mars 2012 au CDI.

Cécile Renouard, religieuse de l’Assomption, diplômée de l’ESSEC (grande école de Commerce) et docteur en philosophie est l’auteur de plusieurs ouvrages. Dans ses travaux, elle s’interroge sur la responsabilité sociale et écologique des agents économiques. C’est dans cette démarche interrogative qu’elle parcourt le monde depuis une vingtaine d’années et effectue des enquêtes dans de grandes entreprises.

Une religieuse qui travaille avec Total et Danone étonne ! Pourtant cette démarche est logique sachant que ses recherches ont pour but d’améliorer les relations entre populations locales et entreprises internationales et de contribuer à une réflexion sur les conditions d’un partage durable et équitable de la richesse créée.

C’est à la suite d’études sur le terrain qu’elle a observé que les firmes étrangères s’installent dans un pays en développement sans savoir comment se comporter avec la population locale. Ce problème engendre souvent des différends avec les autochtones en raison des inégalités créées. Mais en quoi consistent ces inégalités et quels problèmes présentent l’implantation des firmes dans des pays en développement? Plusieurs aspects sont ici à prendre en compte: le développement durable (dans toute la complexité du terme) et la responsabilité des entreprises. L’expression « développement durable » comprend ici aussi bien la gestion interne de l’entreprise que son rapport avec ses parties prenantes locales et l’environnement. L’enjeu est donc de taille et les entreprises rencontrent une multitude de problèmes à gérer! Dans leurs rapports aux populations locales, la question est ambiguë: d’une part les entreprises doivent, en s’installant dans un pays, être en règle avec les autorités, et d’autre part elles se doivent de gérer leur intégration dans la société locale. Parfois l’univers de l’entreprise reste très externe à la vie locale, et ne propose guère d’emploi à la population. Des accords sont passés avec l’Etat en question au sujet des mesures sociales, économiques et environnementales à respecter. Dans le cas de pays en voie en développement, l’Etat rencontre parfois des difficultés à imposer aux entreprises des mesures strictes (soit en raison d’une corruption interne à l’Etat soit à cause de la fragilité du gouvernement). Les responsables des firmes – notamment les entreprises extractives – passent dans certains cas des accords à l’amiable avec les dirigeants des différentes communautés, ce qui peut entrainer des pratiques clientélistes qui  engendrent des inégalités de richesse au sein des populations locales et divisent les individus. Même le développement d’infrastructures bénéfiques aux populations peut avoir des effets ambivalents. D’un côté, les écoles ou établissements médicaux sont nécessaires dans ces pays et peuvent être une façon pour ces firmes de se faire accepter par les populations. Mais de l’autre, les entreprises dépassent souvent, dès leur installation, leur domaine de compétence en remplaçant les pouvoirs publics défaillants sans assumer ce qui relève de leur responsabilité à l’égard des conséquences négatives, directes et indirectes, de leur activité : pollution, nuisances, transformations sociales, etc.

Cécile Renouard dénonce l’approche imprécise de ces entreprises lorsqu’elles abordent la question de développement durable. Comment savoir si elles recherchent une croissance durable de leurs activités, gage de maximisation du profit pour les actionnaires, ou une contribution éthique à leur aire d’influence ; quelle est donc la responsabilité de ces firmes ?

Sœur Cécile et ses collègues sont ainsi intervenus au Nigeria, en Indonésie et en Inde dans l’optique d’améliorer les liens entre les populations locales et  les firmes.

Dans le cadre professionnel ainsi que dans sa vie personnelle, Sœur Cécile s’intéresse à la qualité du lien social. Le bonheur et le bien-être sont en effet fortement conditionnés par la qualité des relations humaines. À la suite de ce constat, et dans la ligne de travaux d’économistes et de philosophes comme Amartya Sen et Martha Nussbaum, un nouvel indicateur a été mis au point. Il se base sur des critères innovants et cherche à mesurer la qualité des relations humaines. Nommé « indicateur de Capacité Relationnelle »,  il rappelle que ce qui rend heureux est la qualité des relations humaines.

Dans ses différents ouvrages Cécile Renouard propose avec réalisme et optimisme des solutions alternatives à l’économie capitaliste du monde. Le modèle contemporain semble s’asphyxier de lui même, aussi est-il logique de s’interroger sur les actions à entreprendre pour reprendre en main cette situation qui nous échappe, pour favoriser un vivre-ensemble durable pour tous.

Ses différents ouvrages traitent d’économie et d’éthique et sont parfois co-écrits par des spécialistes de divers secteurs. En décembre 2008, en pleine crise financière, Cécile Renouard et d’autres personnalités sensibles à l’avenir économique se sont réunies dans le but de proposer des réformes du capitalisme contemporain. Qu’ils soient mathématiciens ou chefs d’entreprises, philosophes ou praticiens des marchés financiers, ils se sentent concernés par le futur de notre économie. De ce fait, différents sujets ont été abordés et regroupés dans l’ouvrage : Vingt propositions pour réformer le capitalisme, 2012 (3ème édition) aux éditions Flammarion. Aujourd’hui, la situation est en effet extrêmement préoccupante, mais quelles sont les actions menées pour l’améliorer ? Est-ce la remise à flot des banques aux frais des contribuables ? Quel avenir ces manœuvres économiques nous promettent-elles? Pour les différents auteurs de cet ouvrage (Gaël Giraud, Cécile Renouard…) il faut proposer de réels changements, quitte à bouleverser l’ordre contemporain. Il s’agit par exemple de proposer un contrôle financier et extra-financier des entreprises (proposition 3) ou encore d’établir une finance au service de l’économie (proposition 10). Ces propositions, loin d’être utopistes prennent en compte la question de l’environnement. L’avenir ne peut pas contourner l’écologie, non pas parce que c’est « la mode » mais parce que ce sera une composante inéluctable de l’économie. De ce fait sont proposées de nombreuses alternatives, telles que « intégrer les impacts environnementaux et sociaux des entreprises dans l’analyse financière et dans l’investissement » (proposition 4). Cet ouvrage montre qu’un avenir est possible pour l’économie et qu’il s’agit juste de trouver la voie ou les voies qui assureront un équilibre pérenne.

Il était donc intéressant, lors de cette rencontre, de voir que s’engager dans la religion et être actif dans le milieu de l’économie et des multinationales n’est pas incompatible! « Bien au contraire! » semble nous dire Cécile Renouard dans un sourire.

Les élèves ayant participé à l’échange tiennent à remercier Cécile Renouard de sa visite à Mongré et des moments d’échanges partagés

Alix Bougain et Christelle Laplanche

Véhicules hybrides, une solution pour le futur


Le magazine n°29 d’Energie et développement durable nous informe que des progrès ont été observés dans le domaine des voitures hybrides, existant déjà depuis 1899, et revenant doucement sur le marché à cause des problèmes pétroliers.

Aux États-Unis, une voiture hybride a été créée. Elle met 15 minutes pour recharger sa batterie de 80%,  peut monter jusqu’à 110 km/h, et faire 160 km à pleine charge. Cela va accélérer le développement de l’usage de ces véhicules. Ces véhicules sont jugés trop lents à tort ; en effet, des courses de voitures électriques ont eu lieu avec d’excellentes performances lors de la compétition Andros du 5 décembre 2009.

Les véhicules électriques ont beaucoup d’aspects positifs pour l’environnement : ils permettent de réduire les émissions responsables du réchauffement climatique ainsi que la pollution de l’air et ils diminuent la consommation du pétrole. Quelques statistiques nous indiquent que : 93% des émissions de brouillard issues de composé organique volatile, 31% des émissions d’oxyde d’azote, et enfin 62% des émissions totales sont en baisse.

Le magazine 28 d’Energie et développement durable nous apprend que Copenhague, capitale du Danemark, est l’un des leaders mondiaux dans le développement des technologies vertes, que la ville s’investit énormément dans le domaine écologique. Le gouvernement danois a renforcé les fonds destinés à la recherche et au développement sur l’énergie. En Scandinavie, une vingtaine de voitures à hydrogène et quatre stations-service sont en fonctionnement. L’objectif serait qu’en 2025, on ne vende plus que des véhicules propres, électriques ou à hydrogène.

Le numéro 30 du même magazine, quant à lui, nous renseigne plus sur le point négatif de ces véhicules écologiques : ils sont trop silencieux et donc dangereux pour les piétons et les malvoyants. En 2010, afin de remédier à ce problème, certains bruits ont été rajoutés à ces voitures hybrides.

Le nombre de voitures électriques progresse et celle-ci est de plus en plus utilisée en entreprise (EDF et Coca-cola par exemple).

Ces trois articles affirment donc que ces véhicules hybrides représentent un grand progrès écologique et qu’ils seront incontournables pour les générations à venir.

 

Noémie Mai, Noémie David et Noémie Thomas

Cette revue de presse  a été réalisée au CDI avec Mme Novales, documentaliste.

Toujours plus bio, toujours plus sain, toujours plus bon !

L’Homme a fait la découverte des produits répulsifs destinés à combattre les parasites des plantes et des cultures  dès  l’époque de la Grèce antique (il y a plus de 3000 ans). Cependant, les tendances de ces dernières années sont caractérisées par l’attrait d’une nourriture exempte de produits  chimiques. En effet, notre société est de plus en plus sensibilisée pour consommer des produits équilibrés et sains. La nourriture industrielle à bas marché voit son image se dégrader  alors que la nourriture « bio » et produit localement devient très à la mode.

                Mais  la gastronomie durable est-elle accessible de nos jours au commun des mortels ou favorise-t-elle certains milieux sociaux?

Le terme « Gastronomie durable » n’est pas très explicite au premier abord, mais nous pouvons le définir ainsi : la gastronomie durable associe une alimentation saine, locale, accessible à tous, issue d’agricultures respectueuses et responsables, remplie de goût et de saveurs, engagée contre les pratiques alimentaires douteuses. Cette définition est extraite du blog «Délices et décadences » de Le Monde.fr.

Avec  l’apparition de la consommation de masse,  les industries ont abusé de conservateurs, de colorants, d’ajouts artificiels, et une majeure partie du secteur agricole a utilisé -et utilise toujours- à outrance des produits chimiques dans ses récoltes.  Certaines industries sont même allées plus loin ; non seulement elles utilisent des conservateurs, des colorants ou des ingrédients ayant été produits à l’aide de pesticides, mais elles ne font même plus appel à des produits naturels. Dans certains produits nous avons pu constater qu’il n’y avait pas une once de naturel mais qu’ils étaient  uniquement et purement artificiels. Par exemple, certaines industries confectionnent des nuggets avec seulement de la poudre, de la graisse et des arômes artificiels et les produits contiennent  0% de volaille!

Cette nourriture artificielle industrialisée fut au départ un bon point pour les industries agroalimentaires (I.A) puisque ce choix de production génère le low-cost : moins coûteux, bon marché et demande un délai de production moindre : produire à faible budget sans perdre de temps ! Cependant nous avons constaté que cette alimentation n’était pas saine. Les gens sont bien plus susceptibles d’avoir des carences en mangeant ce genre de produits et les besoins nutritionnels d’un être humain ne sont pas satisfaits. Cela peut même aboutir à de graves problèmes de santé comme le diabète.

Les consommateurs sont de plus en plus attentifs à ce qu’ils mettent dans leur caddie : des produits de saison, issus de l’agriculture biologique  puisque la question du développement durable, rabâchée par les médias, est présente dans nos esprits depuis une dizaine d’années.  Ils sont alors plus attentifs à ce qu’il y a dans leurs assiettes et notamment au restaurant.

La gastronomie durable devient un sujet qui touche de nombreux chefs, comme Alain Ducasse qui développe dans sa gastronomie la pêche durable. De plus, le marché de Rungis, patrimoine alimentaire et gastronomique français, permet à une catégorie de grossistes entièrement destinée aux produits biologiques de vendre leurs produits. Ce secteur s’engage encore plus dans le développement durable puisqu’il essaye de réduire ses déchets et de s’impliquer le plus possible dans le recyclage. A Rungis, certains emballages sont proscrits, notamment ceux sans matières fermantes.

Il existe de nos jours de nombreux restaurants consacrés au développement durable. En voici deux exemples : Régis Marcon, et Planetalis.

Le restaurant de Régis Marcon, situé à Saint-Bonnet-Le-Froid, dans la Haute-Loire, appartenait auparavant à ses parents. Il l’a repris et s’occupe aujourd’hui de l’entreprise familiale avec son fils. L’objectif de ce chef, possédant 3 Macarons Michelin, est d’utiliser des produits locaux, biologiques, il se spécialise notamment dans les champignons. Néanmoins, pour savourer les plats de Régis Marcon, il faut compter un budget généreux puisque  le menu « Le Vellave », mêlant viandes et poissons, coûte plus de 100€. Le domaine du chef s’inscrit dans la démarche du tourisme durable avec les hôtels, les gîtes et les activités organisées autour de la nature.

Planetalis est une chaîne de restauration rapide dont les aliments sont issus de l’agriculture biologique. Contrairement aux « Fast Food » classiques, les cuisiniers de Planetalis visent à réduire les corps gras et utilisent des produits frais. De plus, leurs emballages sont fabriqués à partir de produits recyclés. Pour un menu dans ce restaurant, il faut compter un budget d’environ 15€. Ce prix est certes le double d’un repas chez McDonald’s, mais il est deux fois plus sain !

La gastronomie durable commence à être ouverte à tous et présente de nombreux intérêts, comme une nourriture saine et locale. Les prix baissent et permettent à de plus en plus de personnes de bénéficier des bienfaits de la gastronomie durable. Cependant, certaines personnes restent encore sceptiques vis-à-vis de l’agriculture biologique et ce marché doit donc encore faire ses preuves !

Cassandre HOOVER, Karine Koné, Laura LEROUX (1ère ES1)

Ce travail a été réalisé en lien avec le programme d’ECJS (N. Mergoux)