L’Etat se préoccupe-t-il de la santé des femmes Burkinabé ?

l'Etat se préoccupe

Nous avons eu l’occasion d’échanger avec des adolescents burkinabé, habitant à Koudougou, au sujet de la santé des femmes. Leurs réponses, différentes de celles que l’on aurait pu imaginer, nous ont montré que notre société et notre culture sont très éloignées des leurs.

Un enfant sur dix, né au Burkina-Faso meurt avant l’âge d’un an. Quelles en sont les causes ?

L’excision est le retrait d’une ou plusieurs parties de tissus organiques, généralement lors d’une intervention chirurgicale. Mais au Burkina, c’est une pratique qui consiste à une ablation d’une partie de l’organe génital de la femme. Ces pratiques servent en partie à conserver la virginité de la femme. Une femme Burkinabé, nommée Andal Traoré, fille de Komala Traoré, sage-femme, nous a expliqué que les femmes se font exciser dans leur village et cette pratique concerne notamment les ethnies mossi, bobo, ou autres. Cette pratique est de plus en plus condamnée car une lutte contre celle-ci a commencé en 1996 et une loi est entrée en vigueur en février 1997. Malgré tout, dans certaines régions, elle reste encore, hélas, bien présente.

Au Burkina, il y a des centres d’accouchement gratuits. Il existe aussi des pédiatres pour les enfants et des médecins gynécologues pour les mères. Malheureusement, ils ne sont pas assez nombreux pour le grand nombre de femmes et d’enfants burkinabé. De plus, il y a beaucoup de fausses couches, ils appellent cela « Grossesse qui Coule ». Dans les hôpitaux publics, le matériel médical manque. Le gouvernement a mis en place un service de médicaments gratuits pour les enfants de 0 à 5 ans, mais cela ne suffit pas car le nombre d’enfants est vraiment supérieur aux moyens octroyés. De plus, les seuls médicaments qui sont donnés à ces enfants sont des équivalents du paracétamol en France. C’est donc pour cela que la mortalité infantile reste élevée au Burkina.

Tout de même, toutes les jeunes filles du Burkina sont informées sur la contraception et y ont accès, peu importe la situation de la personne.

L’Etat met aussi en place de plus en plus de moyens pour améliorer l’état de santé des femmes, c’est encourageant !

Ce travail fut très enrichissant car il nous a fait découvrir des coutumes et des cultures totalement différentes des nôtres.

Maxime Bourlier, Thomas Mangin, Carla Lopes, Florine Picaud et Noémy Lièvre

Cet article a été réalisé dans le cadre des cours d’EMC de N. Mergoux en collaboration avec C. Lecocq Hubert, professeur documentaliste.

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Aimerions-nous étudier au Burkina Faso ?

Aimerions-nous étudier

 L’accès à l’éducation au Burkina Faso favorise l’émancipation des femmes. D’ailleurs, depuis peu, la scolarité des jeunes filles est aussi importante que celle des garçons. Il y a 65% de taux de scolarisation en primaire pour les garçons contre 54,5% pour les filles. L’école est accessible aux enfants habitant en ville et à la campagne. Ainsi, le nombre scolarisé n’a cessé d’augmenter, ce qui montre une évolution des droits de la femme.

La parité filles/garçons semble être respectée, pourtant des indicateurs nous montrent que les garçons étudient plus que les filles.

La scolarité au Burkina Faso est accessible à tous, filles comme garçons, néanmoins dans le pays pour environ 60 000 étudiants on compte seulement 20 000 filles. Nous remarquons donc que la proportion des filles étudiantes atteint tout juste le tiers. De plus, le taux de scolarité est faible : en 2002-2003, celui des filles en primaire était de 38,2% contre 40,6% pour les garçons. Ceci s’explique par le fait que l’école n’est pas obligatoire, contrairement à la France. L’école est donc une chance pour eux. Au Burkina Faso, les études, de la maternelle au supérieur, sont payantes. Par exemple, dans la commune de Nouna, au Burkina Faso, l’année scolaire coûte 25 000 F.CFA ajouté à cela 5 000 F.CFA de frais de dossier… soit 45,7€ alors que le salaire moyen par mois est de 175€. Sachant que le taux de fécondité par femme, au Burkina, est estimé à plus de 5 enfants en 2015, que plus l’enfant fait des études, plus le coût est important et que, en plus de cela, les fournitures, les uniformes, etc. sont à payer. Le coût est donc très élevé pour une famille de classe moyenne. Par conséquent, le taux de scolarisation des filles baisse en fonction de la progression des études. En 2002-2003 par exemple, le taux de scolarité secondaire était de 13,8% pour les filles contre 17,3% pour les garçons.

Les élèves du Burkina Faso ont une longue journée de cours car ils commencent à 6h55 et terminent à 18h. Leurs journées sont rythmées par des heures de cours, de travaux de groupes mais aussi de ménage. Les élèves habitent soit à la campagne, soit en ville… Mais l’école étant une chance pour eux, ils acceptent de faire près d’une heure de trajet en bus, moto, voiture, à pied pour s’y rendre. Ensuite chacun peut s’engager dans des études supérieures mais tous, n’ont pas forcément les mêmes ambitions.

Dans le cadre de l’EMC, nous avons travaillé sur les droits des femmes au Burkina Faso. Toutes nos recherches ont abouti à un échange avec un établissement à Koudougou afin d’observer les différences entre notre culture et la leur. L’école avec laquelle nous échangeons au Burkina Faso favorise l’éducation des filles dont le nombre est neuf fois supérieur au nombre de garçons. C’est une avancée pour l’éducation des femmes. Des mesures sont mises en place afin d’inverser la tendance.

Aujourd’hui, des associations se créent afin de limiter les inégalités d’accès à l’éducation. Elles trouvent, per exemple des fonds et de la main-d’œuvre pour construire des écoles. Des démarches sont mises en place pour inciter les parents à envoyer leurs enfants, particulièrement les filles, à l’école. Au Burkina Faso, l’école n’a pas pour but de préparer les enfants à un métier. De plus, le travail est rare. Cependant, le développement d’un pays passe par l’éducation et donc par l’augmentation du nombre d’enfants scolarisés.

Un proverbe africain  dit : « Lorsque vous éduquez un homme vous éduquez un individu. Lorsque vous éduquez une femme vous éduquez une nation ou une famille ». Pourtant, hélas, malgré les évolutions depuis de nombreuses années, les mentalités évoluent peu et trop de femmes sont encore destinées à fonder une famille et non pas à travailler.

Aliénor Barthelet, Julian Bermudez, Anthony Montaya, Baptiste Gervais,  Zoé Nespoulos et Romane Solelhac

Cet article a été réalisé dans le cadre des cours d’EMC de N. Mergoux en collaboration avec C. Lecocq Hubert, professeur documentaliste.

 

 

 

 

L’égalité homme/femme, entre la théorie et la pratique

L'égalité homme

Au Burkina Faso, de nouvelles lois en faveur de l’égalité homme/femme ont vu le jour comme par exemple l’adoption de la politique Genre de l’Union Africaine (UA) en décembre 2008 ou un certain nombre de dispositifs de la PNG (Politique Nationale Genre), qui traduisent une volonté politique de lutter contre les inégalités liées au sexe. Cependant, on sait qu’il a souvent une différence entre la théorie et la pratique. En France, par exemple la loi du 22 décembre 1972 inscrit dans notre droit le principe de l’égale rémunération des femmes et des hommes mais en réalité, les femmes gagnent encore en moyenne 15% de moins que les hommes.

Qu’en est-il donc de l’égalité réelle entre l’homme et la femme au Burkina Faso ?

La CADHP, Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples consacre, dans son article 2, le principe d’égalité en «interdisant toute forme de discrimination fondée sur le sexe et demande aux Etats d’éliminer toute forme de discrimination à l’égard des femmes et d’assurer la protection de leurs droits.»

De plus, le Conseil des femmes du Burkina Faso (CNFB), une association de femmes leader de la société civile fondée le 27 mai 2014, a participé à la rédaction du texte de loi. Le Burkina Faso a fait un pas en avant dans la répression des violences faites aux femmes. Ces agressions font l’objet d’un projet de loi qui a été voté dimanche 6 septembre 2015 par les députés du Conseil national de transition. Il prévoit notamment des peines de prison allant jusqu’à cinq ans et des amendes allant jusqu’à un million de Francs CFA selon les types de violences.

Pourtant, dans les faits, les femmes sont encore trop soumises à leur mari. En effet, à la lecture du livre Femmes du Burkina de Marie-Pascale Vincent publié en avril 2016 aux éditions L’harmattan, on peut être choqué par de nombreux témoignages. Bien souvent encore «c’est l’homme qui décide et les femmes n’ont pas les moyens de se faire entendre». Les élèves interrogés de l’école de Koudougou avec lesquels nous avons établi un échange disent «L’homme est le maître de la maison et tout le monde se doit de le respecter», ce qui rappelle que les systèmes sociaux au Burkina Faso sont basés sur le patriarcat et la suprématie du mâle.

L’organisation non gouvernementale Oxfam Québec,qui s’engage dans la lutte contre les violences faites aux femmes : témoignages de l’Afrique de l’ouest nous dévoile que «Au Burkina Faso, les violences faites aux femmes représentent un sujet de préoccupation majeure, voire une urgence nationale au regard de leur impact sur la vie psycho-sociale des femmes».  En effet, le document de la PNG, sur le site burkinafaso.unfpa.org, fait une synthèse des inégalités et disparités du genre au Burkina Faso et indique l’existence de nombreuses inégalités et violences faites aux femmes, comme «la persistance de la préséance du garçon par rapport à la fille dans le choix des naissances, dans le droit de succession et de propriété»; «inégalités et disparités dans la division sexuelle du travail, qui donnent plus de charge de travail à la femme par rapport à l’homme» ou encore «l’exploitation sexuelle des jeunes filles», «violences sexuelles, tels le viol, le harcèlement, les agressions et abus, la pédophilie [.

Le Burkina Faso continue d’agir pour trouver des solutions aux inégalités. Il s’est déjà fortement engagé en faveur de la lutte contre les inégalités entre hommes et femmes au cours des dernières décennies à travers des mesures notamment dans le cadre de la Politique Nationale Genre, qui ont permis de réaliser des progrès dans les domaines de l’éducation des femmes, de leur santé et de leur participation politique. Ainsi, aujourd’hui, presqu’autant de filles que de garçons sont scolarisés dans le primaire.

Juliette VANDECASTEELE , Clara FOUCRAS, Djehi AYESSOU , Maude EVRARD Seconde 1.

Cet article a été réalisé dans le cadre des cours d’EMC de N. Mergoux en collaboration avec C. Lecocq Hubert, professeur documentaliste.

La femme dans la société burkinabé

Cette année, à Mongré, les 2°1 ont eu la chance de pouvoir échanger avec des élèves d’un collège burkinabé. En automne, nous leur avons envoyé des questions sur la place de la femme dans la société et au mois d’avril, nous avons enfin reçu leurs premières réponses. Il faut dire que là-bas la connexion à Internet est très fluctuante. Nous allons ici partager avec vous ce que nous avons appris sur le travail et l’emploi de la femme au Burkina Faso. Les femmes sont placées dans un contexte relativement compliqué, elles sont contraintes de respecter les traditions tout en ayant la forte volonté de se faire une place dans la société.

La femme dans la société

Auparavant, au Burkina Faso, beaucoup d’avantages étaient donnés aux hommes, en particulier dans le domaine du travail. Les femmes étaient en majorité contraintes de rester au foyer, et étaient très discriminées dans le domaine du recrutement, elles constituaient une très faible part des travailleurs. Les femmes étaient aussi moins encouragées à aller à l’école du fait que les parents privilégiaient les garçons pour en faire de futurs « chefs de familles », ce qui constituait aussi pour elles un manque de formation, et entrainait un taux encore plus faible de femmes employées.

Aussi, à cette époque, le peu de femmes qui travaillaient étaient réduites à certains métiers spécifiques, et quelque peu stéréotypés comme secrétaires ou nourrices, par exemple.

En effet, du fait des discriminations de genre, le nombre de femmes au foyer parmi la population totale de femmes burkinabé est majoritaire. Mais la femme ne se laisse aucunement faire. Effectivement, elle représente plus de 52% de la population totale burkinabé et, avec la mondialisation et les progrès qui en résultent, les femmes obtiennent peu à peu leur indépendance économique. Ainsi, on peut dorénavant voir des femmes auto-entrepreneurs ayant généralement un petit commerce. Les femmes sont maintenant mieux admises dans le monde du travail grâce à différents traités internationaux tels que la (CEDEF) Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes. Elle a été adoptée en 1979, elle occupe une place importante parmi les traités internationaux relatifs aux droits de la personne humaine (Source : https://lacedef.org).

En outre, on peut voir cette amélioration dans la scolarité car maintenant le nombre de filles est égal ou même supérieur à celui des garçons dans les écoles ; en effet, dans l’établissement de Ouagadougou, les filles sont estimées à 9 fois le nombre de garçons mais c’est une école privée de l’Assomption. Aussi, grâce aux études supérieures, les femmes peuvent prétendre, depuis peu, à des emplois plus valorisés.

En conclusion, nous pensons, que ces différents problèmes d’inégalité entre les hommes et les femmes évoqués dans cet article sont d’ordre culturel. Il faut donc, pour les résoudre, changer avant tout les mentalités et montrer à chacun la perspective d’un avenir meilleur. Cela rendrait plus efficace chaque action menée pour la cause des femmes.

Victor Mairot, Alexandre Chaboud, Gérald Bouchet et Thomas Bourcelot

Cet article a été réalisé dans le cadre des cours d’EMC de N. Mergoux en collaboration avec C. Lecocq Hubert, professeur documentaliste.

 

Les inégalités culturelles finissent-elles par devenir naturelles ?

les inégalités culturelles

Etre une femme au Burkina Faso signifie occuper la place la plus importante de la famille, participer à l’éducation des enfants, vivre avec la polygamie tout en se considérant égale à l’homme.

Comment des jeunes femmes qui considèrent que « la polygamie est une bonne chose » et que « les traditions sont très exigeantes » parviennent à trouver leur place dans la famille sans parler d’injustice ?

Nous sommes six jeunes filles occidentales qui avons, dans le cadre des cours d’EMC (éducation morale et civique), créé un échange avec des collégiens burkinabé. Ils habitent à Les inégalités culturelles , la troisième ville du pays. La classe comporte 74 élèves dont 12 garçons et 62 filles.

groupe 2

Notre premier contact a été très chaleureux. Ils nous ont écrit :

« C’est avec un plaisir immense que nous vous écrivons pour vous exprimer notre joie de pouvoir échanger avec vous. Nous sommes enchantées de faire votre connaissance et de pouvoir partager avec vous notre amitié. Même à des milliers de kilomètres les uns des autres, nous vous transmettons nos salutations les plus amicales, les plus fraternelles. »

Nous leur avons adressé nos questions concernant la place des femmes au Burkina Faso, en ayant conscience de nos différences culturelles. Nous allons essayer d’interpréter leurs réponses avec un avis le plus objectif possible et dans une démarche non anthropocentrique.

A la suite des recherches que nous avons menées, nous avons pu remarquer avec notre regard d’Européennes que la situation de la femme au Burkina Faso était peu envieuse. Cependant leurs réponses à nos questions reflètent une situation positive et en amélioration. Effectivement et contrairement aux idées reçues, le mariage est une question de choix et les jeunes filles ne doivent se marier qu’à 20 ans dans le cadre d’un mariage civil et/ou religieux.

De plus l’Etat a pris des mesures contre l’excision, tradition qui fut pendant longtemps pratiquée.

Aujourd’hui les femmes ont le sentiment de disposer pleinement de leur corps, notamment avec les contraceptifs.

Cela les conduit à affirmer qu’elles sont égales aux hommes, en particulier grâce à l’émancipation féminine.

En parallèle, certains de leurs propos ont attiré notre attention.

Pour commencer les femmes occupent la place la plus importante de la famille : ce sont elles qui participent le plus à l’éducation et à l’épanouissement des enfants.

Cela laisse à penser que les pères sont peu impliqués dans ces tâches. En outre, les traditions encore très présentes dictent parfois la vie des individus et plus particulièrement des femmes.

Par exemple, selon les clans, les lois sont transgressées et le type de mariage et l’âge de la mariée ne sont pas respectés.

Pour finir, dans le cadre de notre échange inter-continental, un élément nous a particulièrement interpellées : la pratique de la polygamie.

La polygamie est dite une « bonne chose », elle est légale et uniquement masculine.

Nos correspondantes expliquent cela en invoquant des raisons pratiques et financières. Elles mettent en avant le fait que le nombre de garçons est minoritaire par rapport à celui des filles.

Cela reste choquant à nos yeux et peut même sembler contradictoire avec la vision égalitaire de la femme vis-à-vis des hommes.

Pour conclure, cet échange fut pour nous enrichissant d’un point de vue culturel et social. Il a été l’occasion d’une réflexion sur notre place dans la société, il est également important de s’intéresser à la place des femmes au-delà des frontières françaises dans l’espoir qu’un jour les femmes soient égales aux hommes à tous les niveaux et dans le monde entier.

Alice Hubert, Justine Tremerel, Léa Breger, Margotte Chassagne, Kim Michon et Maëva Sanchez

Cet article a été réalisé dans le cadre des cours d’EMC de N. Mergoux en collaboration avec C. Lecocq Hubert, professeur documentaliste.

 

 

Aimerions-nous être une femme au Burkina aujourd’hui ?

Carte-Burkina-Faso-1

 La femme au Burkina Faso, comme dans tous les pays voisins, est un pilier de la société africaine et pourtant force est de constater que sa condition n’est pas satisfaisante.

Si la répartition des tâches ménagères et les soins apportés aux enfants dans les pays européens restent encore source d’inégalité entre les hommes et les femmes, nous pouvons dire qu’elle est encore plus évidente au Burkina Faso. Quand 71% des femmes françaises prennent en charge les tâches domestiques c’est 90% des Burkinabé qui s’en occupent.

Grâce à notre correspondance avec des collégiens de l’Assomption,  nous avons pu mettre en évidence des différences et similitudes entre la gestion des tâches ménagères en France et au Burkina.

Le rôle des hommes comme il est décrit par les élèves du collège de l’Assomption est de faire le marché, de fendre le bois et parfois de faire la cuisine, on peut donc imaginer que le reste des tâches ménagères et le soin apporté aux enfants restent une mission féminine. Pour celles qui travaillent, elles doivent jongler au quotidien entre les obligations domestiques et les contraintes professionnelles et en cela c’est un point commun avec les Françaises qui sont nombreuses aussi à assumer des doubles journées.

Il nous est aussi rapporté que les enfants sans distinction de sexe sont familiarisés dès leur plus jeune âge aux différentes tâches ménagères. Toutefois on sait que l’accès à l’éducation n’est pas la règle pour les petites burkinabé, avec une population féminine sans instruction pour 90% d’entre elles, les petites filles étant d’une aide précieuse dans les tâches de la maison.

Nos correspondants ont évoqué les pénuries d’eau dont le Burkina Faso est atteint, si cela complique certainement la gestion des tâches ménagères, cela rallonge considérablement le temps de parcours moyen des femmes pour l’accès à l’eau, et la quantité d’eau minimum nécessaire à l’hygiène et à l’alimentation n’est pas toujours atteinte. Dans les régions rurales, les femmes peuvent parcourir plusieurs kilomètres pour ramener 20 à 30 litres d’eau sur la tête et ceci plusieurs fois par jour. Il est difficile pour nous occidentaux d’imaginer ce quotidien quand il nous suffit de tourner un robinet pour avoir de l’eau.

Quant aux moyens utilisés pour faire les tâches domestiques, ils nous sont décrits comme similaires aux nôtres. Il nous parait toutefois important de distinguer les différences que l’on peut trouver au sein d’une même population Burkinabé. Les conditions d’accès à l’eau et l’équipement ménager ne sont sûrement pas les mêmes à Ouagadougou que dans les régions rurales avoisinantes.

Le Burkina compte plus de 14 millions d’habitants dont 52% de femmes mais celles-ci sont peu représentées dans le monde politique et elles ne parviennent pas à faire changer les choses en profondeur.

Aujourd’hui au Burkina, force est de constater que les inégalités entre les hommes et les femmes sont encore d’actualité mais on sent depuis la dernière décennie une évolution de la condition de la femme qui permet d’espérer des jours meilleurs pour celles-ci.

Il sera donc peut-être plus enviable d’être une femme au Burkina Faso demain !

Jules Goulouand, Charles Chabloz, Baptiste Valentin, Léo Bernard, Edouard Rigal,et Lorenzo Chiaramonte

Cet article a été réalisé dans le cadre des cours d’EMC de N. Mergoux en collaboration avec C. Lecocq Hubert, professeur documentaliste.

LA FAIM DANS LE MONDE !

la faim dans le monde

3 millions d’animaux sont tués pour les besoins nutritifs des humains chaque jour. Chaque année, en moyenne 42kg de viande sont consommés par habitant dans le monde, en France, on atteint les 89 kg par habitants. Mais malgré cette énorme quantité de nourriture produite, toujours 2 millions d’individus sont touchés par la sous-nutrition dans le monde.

La question n’est pas : « Faut-il produire plus ? » mais, « Comment mieux répartir la nourriture dans le monde dans le but de réduire le taux de sous-nutrition ?

la faim dans le monde 3

La sous-nutrition est un état de manque important de nourriture en rapport à un apport alimentaire insuffisant pour combler les dépenses énergétiques journalières. Elle entraîne des carences nutritionnelles. Chez l’être humain, la sous-nutrition sur une longue durée entraîne des dommages conséquents qui peuvent entraîner à la mort. Chaque jour, trop d’hommes et de femmes à travers le monde peinent à offrir à leurs enfants un repas nutritif. Dans un monde où suffisamment de denrées alimentaires sont produites pour nourrir tout le monde, 815 millions de personnes, soit une personne sur neuf se couchent pourtant l’estomac vide chaque soir. Elles sont encore plus nombreuses, une sur trois, à souffrir d’une forme quelconque de sous-nutrition. L’ONU utilise le terme de « famine » lorsque l’indice de sous-alimentation se situe entre 20 et 40 % de la population totale et que dans le même temps le taux de mortalité dépasse les deux décès par jour pour 10 000 habitants. Nous pouvons constater que le nombre de personnes atteintes de sous-alimentation s’élève à 795 millions d’individus sur la période allant de 2014 à 2016, soit 216 millions de moins que de 1990 à 1992. Si des progrès contre la faim ont été pris en compte, le bouleversement de la sous-alimentation tue encore chaque année trois millions d’enfants de moins de cinq ans et entraîne retards et handicaps. Des progrès furent enregistrés au cours de ces dernières années, mais ils restent encore insuffisants pour éradiquer la faim dans le monde. La sous-nutrition en Afrique, en Asie ou encore en Amérique Latine, est encore très élevée et de nombreuses actions sont à mettre en place pour poursuivre la lutte contre la faim.

Il faut aider ces pauvres gens, nous qui en avons les moyens, nous qui avons le ventre plein. Si nous, les jeunes, nous commençons dès maintenant à aider les hommes en difficulté, nous sauverons également les générations futures. Pour cela, donnons un peu d’argent, un peu de notre temps, manifestons, signons des pétitions pour demander aux gouvernements du monde d’ offrir leurs excédents agricoles, qui coûtent cher à conserver, aux pays en difficulté. Ce qui permettrait de sauver des milliers voir même des millions de vie. Luttons ensemble, mes amis, parce que  » Manger à sa faim est le premier des droits de l’être humain  » et peut-être qu’un jour, nous pourrons vivre dans un monde meilleur !

Lyna Lamraoui, Agathe Lorin, Lilou Benoît, Jade Paingat et LouGuilbaud, seconde 4

Cet article a été écrit dans le cadre des cours d’éducation civique de N. Mergoux, en lien avec l’éducation au développement durable et avec l’aide des documentalistes.

 

Une religieuse au cœur des multinationales

Réflexion sur le libéralisme et la mondialisation

C’est autour de noix de cajou, pâtes de fruits, et mangues séchées que les élèves de terminale L-ES ont pu approfondir le jeudi 30 avril leur réflexion sur le développement durable, au cours d’une conférence privée donnée par Cécile Renouard, une militante atypique aux réflexions alter mondialistes.

Soeur Cécile et les élèves de TL/ES2 au CDI

Soeur Cécile et les élèves de TL/ES2 au CDI

Quelle croissance pour demain ?

Faut-il changer notre mode de production capitaliste ?

Est-il possible de placer notre économie, enfin, au service de l’humanité ?

Autant de questions qui, depuis le réchauffement climatique, l’augmentation galopante des inégalités, et la crise financière secouent la planète et sèment le trouble dans nos économies.

« Il serait temps d’opérer un changement radical de notre système  »

 

C’est d’abord au travers de son vécu, son cursus scolaire puis professionnel, que Sœur Cécile nous ouvre les portes de nos grandes firmes Multinationales (FMN), pour nous donner les enjeux auxquels celles-ci sont confrontées pour répondre aux exigences du développement durable.

Diplômée de l’école supérieure de commerce (ESSEC), Cécile de Renouard s’envole pour un premier voyage vers la Thaïlande où elle découvre les conditions de vie difficiles d’un camp de réfugiés cambodgiens – pourchassés par les Khmers rouges – ayant fui le régime de Pol Pot. Puis, c’est en suivant un projet de « La Caritas » (le Secours Catholique) que la jeune femme participe à un programme d’aide aux familles habitant dans des bidonvilles insalubres. Pourtant, c’est dans ce décor où hurle la misère que Sœur Cécile découvre des communautés solidaires, animées par la volonté de se battre et de s’en sortir. Sensibilisée par leur « soif de vie », Sœur Cécile s’interroge :

 

«  Que faisons-nous contre la pauvreté ? »

« Que faisons-nous contre les injustices internationales ? »

Notre système engendre des inégalités très fortes, et nous devons les combattre. Avons-nous seulement conscience de la misère à l’échelle mondiale ?  Premier constat : toutes les richesses crées sont mal réparties et des pans entiers d’humanité sont laissés en marge du système mondialisé.

« Aujourd’hui dans le monde  1 personne sur 6 souffre de malnutrition et vit sans eau potable »

 

C’est à la suite de ces expériences que Cécile Renouard décide de rentrer dans l’ordre de l’Assomption. Elle obtiendra en 2006 un doctorat de philosophie, d’éthique et de philosophie morale. Un an plus tard, elle écrit La responsabilité éthique des multinationales (PUF). En 2008 paraît son livre intitulé Un monde possible. Les acteurs privés face à l’injustice (Seuil).

Elle vient de sortir le 25 mars 20 propositions pour réformer le capitalisme (Flammarion) écrit en collaboration avec Gaël Giraud.

 

Au cours de la conférence, l’auteur redéfinit la notion du développement durable : Il s’agit avant tout pour nos sociétés de savoir comment concilier croissance économique, développement social et respect de l’environnement ; savoir à la fois répondre aux besoins actuels tout en préservant les besoins des générations futures, mais l’erreur serait d’oublier la dimension culturelle. Il faut appeler nos sociétés à faire preuve de plus d’équité sociale, en protégeant la diversité culturelle et en venant en aide aux petits producteurs des pays du Sud. Elle ajoute que cette notion prend une tournure politique : il s’agit pour tous nos gouvernements de définir, ensemble, des règles communes pour répondre aux exigences d’un tel enjeu.

« Il y a ce que l’on veut faire de nos existences au niveau individuel, mais surtout ce que l’on veut faire de nos existences au niveau collectif ! »

Quelle est la contribution des FMN pour le développement durable dans les Pays les Moins Avancés (PMA) ?

Sœur Cécile est partie enquêter sur des filiales de grandes firmes occidentales implantées en Afrique subsaharienne,  continent le plus marqué par la pauvreté, où elle explique que malgré nos préjugés, de grands géants européens comme Total, Michelin, ou encore Unilever déploient des efforts afin de réduire leurs émissions de CO2.  Mais ce développement durable a un coût (équipements recyclables, biodégradables) que seules  les grosses firmes peuvent assumer. De plus, la question est : ces géants prennent-ils ces initiatives par un réel souci écologique ou par intérêt ?

«  C’est en rassemblant  toutes les convictions que chacun porte en soi, qu’on pourra parvenir à changer les choses ».

Concrètement, comment ces firmes contribuent-elles au développement local des pays les plus pauvres ? Quelles taxes versent-elles au pays dans lesquels elles sont implantées ?

Pour illustrer ces transformations, Sœur Cécile prend l’exemple du projet « Grameen Danone » développé au Bangladesh en 2006 par Frank Riboud, PDG de la firme française  et Muhammad Yunus (prix Nobel de la paix en 2006) connu pour avoir fondé la première institution de micro crédit dans son pays, la Grameen Bank. Ces deux hommes se sont associés pour venir en aide aux populations les plus défavorisées. L’objectif était « d’apporter la santé » en vendant aux habitants pauvres des yaourts, à un prix accessible, recouvrant ainsi 30 % des apports journaliers ; au premier abord, l’association semble fonctionner en créant des emplois : une micro usine qui fait travailler les gens du pays et où les fermiers sont libres d’apporter leurs propres laits. De plus, la distribution est assurée par des femmes, une façon pour elles de s’émanciper.

Mais cette pratique a ses revers. En effet le projet élaboré par Grameen relève de la stratégie BOP « Bottom Of the Pyramid » (le bas de la pyramide) enseignée aux jeunes diplômés américains dans les grandes écoles : «  Sur 6 Milliards d’habitants, 4 Milliards sont pauvres, autrement dit il y a 4 milliards de personnes à qui je ne peux pas vendre mes produits ». A première vue, la théorie du « win-win » (gagnant-gagnant) semble être LA solution pour contrer la pauvreté dans le Sud, et pourtant en regardant d’un peu plus près, les sociétés non financières (SNF) aggravent la situation en menaçant  les produits locaux de disparaître, par la concurrence qu’elles leur imposent.

Il faut reconnaître que, dans le cas du projet Grameen Danone, il est prévu que 97% des profits soient réinvestis sur place. Il s’agit d’un projet de « social business » qui est complètement orienté vers les besoins des populations pauvres. Ce n’est pas le cas dans la plupart des projets relevant de la stratégie BOP ; d’où le caractère ambigu de cette théorie.

Cécile Renouard note que Frank Riboud est le PDG le mieux payé du CAC 40 (4,279 millions d’euros en 2008 selon le magazine Challenges) et ce contraste entre sa politique « Gramen-Danone » et son salaire n’échappe pas à Sœur Cécile, qui sait garder un œil critique tout en exposant ses idées.

La crise financière semble avoir  montré les limites du « laisser faire et du laisser passer », en propageant une crise d’importance mondiale aux conséquences sociales et économiques dévastatrices. Elle pose désormais le besoin d’une nouvelle croissance laissant intervenir davantage de morale.

Faudra-t-il attendre à chaque fois un dysfonctionnement du système pour mieux réagir ?

Ce n’est pas ce que pense Sœur Cécile, convaincue qu’une personne peut, par sa volonté et son engagement, influer à elle seule sur une situation.

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Après une courte pause où nos papilles ont plus travaillé que nos oreilles (les produits étaient biologiques et issus du commerce équitable !), de nombreux élèves ainsi que nos professeurs (Mme Angelot et Mme Lecocq) sont intervenus.

▪  Je ne vois pas comment les choses vont changer car ceux qui ont le pouvoir de les faire évoluer sont ceux qui en profitent le plus. Ils n’ont sans doute pas d’intérêt à ce que le monde change !

▪  Ce que fait Danone, c’est bien mais Danone n’est qu’une FMN parmi tant d’autres. Or il y en près de 70 000 !

 

▪  On sait depuis plusieurs années que le système est défaillant. Qu’est-ce qui empêche les choses de changer ?

« Le poids du passé joue beaucoup mais il y a des divergences d’opinions. On n’arrive pas à se mettre d’accord sur la technique à adopter : réduire les inégalités ou continuer de se développer, autrement dit d’une façon plus schématique, que faire ? Grossir le gâteau ou mieux répartir les parts ? Tous les économistes n’ont pas le même point de vue sur la question. »

▪  Quel est le lien entre votre foi, votre emploi chez Total et votre engagement sur le développement durable ?

« D’abord, je ne suis pas employée chez Total, mais je suis observatrice et je me permets de critiquer Total. Je peux aussi dire que mon engagement est lié à ma foi et que l’Evangile est pour la transformation du monde. St Jean nous a bien dit : « Si vous aimez Dieu et que vous n’aimez pas votre prochain, vous êtes un menteur ». Et je tente avec d’autres, de travailler à un monde plus juste. »

Aussi, pour conclure, nous retiendrons surtout de cette conférence, que même si la situation paraît désespérée aux yeux de beaucoup, il reste encore de l’espoir et cet espoir réside en nous, ou plutôt dans nos actions, dans notre volonté de changer le système en profondeur.

« Il ne faut pas tomber dans un fatalisme et se dire que tout est fini. Il faut y croire. Il faut croire que, à notre échelle, avec nos petites actions, nous pouvons déjà faire avancer les choses. »

Anne-Sophie Raffa, Floriane Brément, Benoît Blondeau, élèves de Terminales L/ES.

Ce travail a été réalisé dans le cadre des cours de Sciences Economiques et Sociales (SES) et de Philosophie avec Mme Angelot et Mme Lecocq.