La tâche d’encre

La tâche d’encre
Paul devait partir de bonne heure ce jour-là. Le bateau les attendait depuis déjà une demi-heure. De grandes volutes de fumée noire s’échappaient de la cheminée du bateau. L’alarme sonna, il fallait partir. Julie pleurait silencieusement, il ne comprenait pas pourquoi, il était parti de nombreuses fois avec cette précieuse marchandise noire. Un mauvais pressentiment, disait-elle. Il la serra tendrement dans ses bras et l’embrassa sur le front, puis disparut dans la brume matinale. Le bateau attendait, tel un silencieux monstre noir. Paul monta à bord. Il salua Joe, Matt, Nick et les autres. Bob, comme à son habitude restait cloitré dans sa cabine, il était le meilleur capitaine qui soit et son équipage était constitué des meilleurs marins de Grande-Bretagne. Jango, le cuisinier était déjà aux fourneaux et sifflait l’air d’une chanson de marin. Le voyage allait commencer. La routine se faisait sentir dans les gestes de chacun, le bateau partit avec, en guise de passager, la plus grosse quantité de pétrole jamais transportée. L’or noir, raréfié à cause de la consommation excessive des hommes, se transportait en grande quantité vers un endroit où les pilleurs ne pouvait pas accéder ; une île perdue au milieu de l’océan Indien : Gijowana, mais en faisant une escale en Floride. La grande difficulté que seuls les marins les plus qualifiés pouvaient surmonter était le triangle des Bermudes, réputé pour ces tempêtes imprévisibles, capable de se déchaîner en moins d’une minute. Pour le moment le temps était prévu au beau fixe pour toute la semaine, ce qui annonçait un voyage tranquille et sans encombres majeurs. L’équipage s’occupait en jouant aux cartes ou à divers jeux d’argent quand le capitaine n’était pas dans le coin. Les marins, et même le capitaine étaient sereins. Une traversée bien calme, disait Joe. Jango faisait ressentir sa bonne humeur dans ses plats. Julie contactait Paul chaque soir par radio, mais malgré tous les efforts de celui-ci, cela ne la tranquillisait pas. Le voyage allait être long, et allait durer de longues semaines. Le temps changea bien vite, la mer était agitée. Paul et les autres, en marins aguerris, trouvaient le temps idéal. Ils aimaient cette mer agitée, déchaînée qui recouvrait le pont de temps à autre. Ils ne leur restaient plus que quelques jours avant d’arriver à destination. La tempête se déchaîna en fin de journée du jour précédant leur arrivée. Les vagues déferlaient sur le pont comme d’immenses tentacules s’agitant dans les airs. Le vent soufflait fort et contraignait les marins à s’accrocher à la rambarde à chaque bourrasque. Ils étaient trempés. Le premier à tomber à l’eau fut Matt. Les autres n’eurent pas le temps de le pleurer, ils durent aussitôt se ressaisir afin de vaincre la tempête. Certaines vagues s’élevaient à plus de dix mètres au-dessus du bateau. L’équipage était terrorisé mais le capitaine restait de marbre. Soudain le bateau se retourna brusquement laissant à l’eau Nick, Joe et Jango. Il ne restait à présent que Paul et le capitaine. Paul priait de toutes ses forces pour survivre et revoir Julie. Elle avait raison, il n’aurait jamais dû partir. Le bateau dérivait de plus en plus près du littoral. Une énième vague assomma Paul et le capitaine, les laissant inconscients. Paul se réveilla, juste à temps pour voir l’énorme pétrolier s’écraser contre les rochers et il reperdit connaissance. Le liquide se déversa rapidement dans la mer formant une immense tache d’encre, engloutissant tout sur son passage. L’odeur était insoutenable, les oiseaux étaient pris au piège et s’étouffaient, agonisant lentement. Les poissons remontaient un à un à la surface, noirs de pétrole. La faune agonisait. Tout un écosystème était en train de disparaitre. Le bateau coulait lentement comme les larmes de Julie ce matin-là, devant sa télé, en entendant le nom d’une des victimes de cette « tragique marée noire » : Paul Austman.

Zoé Pacaud et Madisson Stringer, seconde 1
Ce travail a été réalisé dans le cadre des cours de littérature au CDI et en lien avec le prix « Lire pour demain ».

Marée noire dans le Golfe du Mexique

Dans « Le Figaro » du 30 mai 2010, l’article nommé « USA, la pire marée noire » considère que la marée noire qui souille le Golfe du Mexique depuis cinq semaines est un désastre écologique et une des pires catastrophes enregistrées aux Etats-Unis. Carol Browner, la conseillère du président Obama sur l’environnement livre à la NBC que, malgré cette catastrophe, elle reste optimiste sur le fait qu’il y a davantage de pétrole dans cette région qu’à n’importe quel autre moment de l’histoire. BP (British petroleum) estime qu’il y a des centaines de milliers de  tonnes de pétrole dans le Golfe depuis l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon, le 20 avril. Cet article nous montre bien l’optimisme des américains sur les grandes catastrophes !

L’article de Stéphanie de Fontenoy du journal « La Croix » pose la question de la maîtrise de cette catastrophe écologique. Celle-ci entraîne de graves conséquences sur les animaux marins et sur les oiseaux. Par exemple, les américains ont publié des images-chocs dans la presse à commencer par celle d’un pélican souillé de pétrole, figé au sol ; cet animal étant le symbole de l’Etat de Louisiane. L’article publie également de grands titres qui dénoncent la catastrophe comme :

« De nouvelles règles pour le forage en mer », « Obama de plus en plus critiqué » et « L’Amérique pas prête à se passer de son addiction à l’or noir ». Cet article dénonce donc l’inefficacité et le manque d’investissements des Etats-Unis dans cette affaire.

L’article du journal « Le Monde » écrit par Gaëlle Dupont publié le 22 Juin nommé,  Mark Benfield, professeur en océanographie regrette qu’il n’y ait pas plus de renseignements sur les dégâts. Cet article dénonce encore une fois comme dans  La Croix  le manque d’investissement des USA et pointe du doigt les aides insuffisantes face à cette catastrophe.

En conclusion, les Etats-Unis, aux yeux des journalistes français, sont victimes mais aussi responsables de cette catastrophe écologique. Les américains, eux, jugés trop gourmands par les autres pays, restent toujours optimistes sur l’avenir.

Clément Lonchanbon et Thimothé Favier.

Cette revue de presse a été réalisée au CDI.