En Inde, la pollution règne en roi

En Inde, la pollution règne en roi

Nos sources sont trois articles parus dans le journal Le Monde qui nous informent de la pollution qui touche l’Inde sous plusieurs aspects :
« Inde : un plan pour sauver le Gange de la pollution » publié le 18 juin 2011.
« L’alarmante pollution de l’eau par les médicaments » publié le 03 février 2009
« En Inde, à Goa, la pollution menace le tourisme » datant du 12 août 2011,
Tout d’abord, la pollution touche plus profondément un fleuve, le Gange, qui se situe au nord de l’Inde. Étant un fleuve important (son bassin couvre 907 000 km2), il est devenu une menace pour la santé de plus de 400 millions d’indiens, contaminés par les eaux usées et les déchets des usines. A Kanpur, ville industrielle de l’Uttar Pradesh, les odeurs de chrome et d’égouts irritent la gorge. Les pêcheurs jettent leurs filets dans une eau devenue noirâtre. La banque mondiale a accordé un prêt d’1 million de dollars, équivalent à 700 millions d’euros destiné à l’Inde, qui a mis sur pied un programme pour « sauver » le fleuve. Les conséquences de la pollution sur la santé se chiffrent à 2,8 millions d’euros de soins médicaux par an, selon la banque mondiale. « Chaque jour, usines à papier, distilleries et tanneries déversent leurs déchets » déclare Le Monde dans le premier article.
De même, « une rivière indienne atteint un record de pollution » déclare Le Monde dans le second article avec comme sous-titre : « l’alarmante pollution par les médicaments ». En effet, la rivière de New Delhi, située dans l’état indien de l’Andhra Pradesh, subit une des plus importantes pollutions pharmaceutiques jamais constatée dans le monde. 45 kilos de Floxacin, un antibiotique de synthèse, sont déversés chaque jour dans la rivière, l’équivalent de ce qui est consommé en cinq jours par la population suédoise, soit 9 millions de personnes. Les habitants sont même empoisonnés, par exemple, en consommant l’eau des puits. Allani Kisahn Rao, le président du comité antipollution de Pacharu, a étudié les conséquences des déchets médicamenteux sur la santé des villageois. Il estime que 25% de la population locale sont touchés par des pathologies diverses.
En outre, cette pollution en Inde menace également le tourisme à Goa, ce qui est dénoncé par le troisième article. Ce petit Etat, situé au sud-ouest de l‘Inde, est visité chaque année par 2,5 millions de touristes, pour une population de seulement 1,5 millions d’habitants. Cependant ses grandes plages ont été classées parmi les pires de la planète. Les bouteilles de bière et détritus en plastique jonchent les plages ; ainsi que les îles au large de Goa qui en sont recouvertes. De plus, d’après une étude de l’institut national océanographique, basé à Goa, le nombre de ces bactéries potentiellement dangereuses, comme la Salmonella, a fortement augmenté entre 2002 et 2007, menaçant ainsi la santé humaine et l’environnement. La baignade à certains endroits pourrait entraîner des maladies digestives. Tout cela s’explique par les rivières où les courants charriant les eaux usées non traitées des hôtels, les rejets des pesticides utilisés par les agriculteurs dans l’arrière-pays. La visibilité sous l’eau s’est fortement réduite. Nous avons aussi une autre pollution à Goa, invisible depuis la plage, qui est celle des ordures ménagères.
Conscient de ces menaces qui pèsent sur l’environnement, l’Etat ne peut pas pour autant se passer de la manne financière du tourisme car le tiers des emplois dépend de cette industrie. « A ce rythme, on va droit dans le mur » dénonce Claude Alvares dans Le Monde.
Pour conclure, seuls l’horizon et les couchers de soleil sont restés intacts, ce qui vaut à Goa une réputation de destination romantique, « Laissez votre femme redevenir votre petite amie ! » est l’un des slogans trouvés par le gouvernement local pour attirer les touristes du monde entier malgré la pollution.
En croisant ces trois articles il est évident que le problème est grave à tous points de vue, que ce soit pour les autochtones, les tourismes ou pour la nature. La situation est inquiétante et ne cesse de s’aggraver.

Olivia d’Hotelas, Eva Grizard, Chloé Grizard (Seconde1)
Cette revue de presse a été réalisée à l’occasion des A.P de seconde avec Mme Novales, documentaliste.

Marée noire dans le Golfe du Mexique

Dans « Le Figaro » du 30 mai 2010, l’article nommé « USA, la pire marée noire » considère que la marée noire qui souille le Golfe du Mexique depuis cinq semaines est un désastre écologique et une des pires catastrophes enregistrées aux Etats-Unis. Carol Browner, la conseillère du président Obama sur l’environnement livre à la NBC que, malgré cette catastrophe, elle reste optimiste sur le fait qu’il y a davantage de pétrole dans cette région qu’à n’importe quel autre moment de l’histoire. BP (British petroleum) estime qu’il y a des centaines de milliers de  tonnes de pétrole dans le Golfe depuis l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon, le 20 avril. Cet article nous montre bien l’optimisme des américains sur les grandes catastrophes !

L’article de Stéphanie de Fontenoy du journal « La Croix » pose la question de la maîtrise de cette catastrophe écologique. Celle-ci entraîne de graves conséquences sur les animaux marins et sur les oiseaux. Par exemple, les américains ont publié des images-chocs dans la presse à commencer par celle d’un pélican souillé de pétrole, figé au sol ; cet animal étant le symbole de l’Etat de Louisiane. L’article publie également de grands titres qui dénoncent la catastrophe comme :

« De nouvelles règles pour le forage en mer », « Obama de plus en plus critiqué » et « L’Amérique pas prête à se passer de son addiction à l’or noir ». Cet article dénonce donc l’inefficacité et le manque d’investissements des Etats-Unis dans cette affaire.

L’article du journal « Le Monde » écrit par Gaëlle Dupont publié le 22 Juin nommé,  Mark Benfield, professeur en océanographie regrette qu’il n’y ait pas plus de renseignements sur les dégâts. Cet article dénonce encore une fois comme dans  La Croix  le manque d’investissement des USA et pointe du doigt les aides insuffisantes face à cette catastrophe.

En conclusion, les Etats-Unis, aux yeux des journalistes français, sont victimes mais aussi responsables de cette catastrophe écologique. Les américains, eux, jugés trop gourmands par les autres pays, restent toujours optimistes sur l’avenir.

Clément Lonchanbon et Thimothé Favier.

Cette revue de presse a été réalisée au CDI.

Boues toxiques en Hongrie

Lundi 4 octobre 2010, à la suite d’un accident industriel, des boues toxiques se sont propagées en Hongrie. Très vite, ces boues ont touché le Danube, le deuxième plus grand fleuve d’Europe.

Aujourd’hui en France, datant du 8 octobre, nous parle de la façon dont une retraitée a compris que le Danube avait fini par être touché,  en voyant « des poissons-chats remonter à la surface ». Les conséquences de ces boues se répandant rapidement inquiètent les habitants : « la population craint pour ses poumons et pour la faune et la flore ». L’article mentionne aussi les pêcheurs qui, désormais, ne peuvent plus travailler. Le témoignage d’un habitant de Kolontar nous montre la souffrance et le drame vécu par le village. Certains habitants ont malheureusement perdu beaucoup de leurs biens, certains ne pourront même plus vivre à nouveau dans leur maison où « la boue s’est immiscée partout ». Le plus dur pour les habitants reste la mort des personnes qu’ils ont connues.

Le journal La Croix du 08/10/10 s’empare du sujet en tant que question du jour et se concentre sur la dangerosité de ces boues toxiques et les conséquences sur l’environnement, qui risquent de se faire sentir « à long terme ». La Croix nous indique que la toxicité de ces boues est très élevée, le taux alcalin a atteint un ph de 12, ce qui rend l’environnement non « viable pour les plantes et les animaux ».

Le Monde du 07/10/10, quant à lui, explique les moyens mis en œuvre pour « atténuer la catastrophe » et note que les pays riverains du Danube comme la Serbie ou la Roumanie s’inquiètent  aussi et contrôlent régulièrement la qualité de l’eau du fleuve.

Aujourd’hui en France et le Monde mentionnent tous les deux l’impact sur les investisseurs de l’usine Mal, usine qui a causé cette « catastrophe écologique ».

Les 3 journaux nous informent surtout que cette catastrophe a fait malheureusement 4 morts, plus de 120 blessés et 3 disparus.

Julie Bui, Charlotte Magnien et Bestien Bourlier, secondes 4 et 5

Cette revue de presse  a été réalisée au CDI avec Mme Novales, documentaliste.

Le réchauffement climatique : l’homme va devoir s’adapter…

Le 4 décembre 2009, la classe de 2°1 a assisté à une conférence animée par l’association Naturama sur la biodiversité, le réchauffement climatique et les diverses pollutions.

Guidés par un diaporama, les élèves ont pu découvrir ou se remémorer les causes et conséquences du réchauffement climatique. Monsieur Darpheuil a exploité de nombreux exemples et données.

Grâce à différents schémas produits pour la plupart par le GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat), nous avons compris les origines multiples de la pollution.

Un exemple ? Les centres d’enfouissement technique où sont regroupés les déchets encombrants.

Ceux-ci produisent des substances toxiques par l’intermédiaire de ces ordures enterrées. Le «lixivia» (ou percolat) est le liquide résiduel qui provient de l’imprégnation progressive de l’eau à travers un matériau. Il vient de l’adjectif latin « lixivius », qui signifie « de lessive », « eau qui sert à laver ». Ce terme est aussi utilisé pour nommer les « jus de décharge ». Ces polluants coulent dans les sols et rejoignent les nappes phréatiques. Tout le cycle de l’eau est ainsi encrassé.

Les descriptions et exemples donnés par l’animateur nous ont permis de comprendre que les efforts à fournir pour trier nos déchets, réduire la pollution, restreindre les rejets de CO² sont inférieurs au prix à payer pour réparer les dégâts.

Du point de vue de l’inévitable, la montée des eaux en cours causera et cause déjà des mouvements de réfugiés climatiques. La faune et la flore vont évoluer ; certains animaux réussiront à s’adapter, d’autres risquent de disparaître. L’homme aussi, en tant qu’animal évolué, va devoir s’adapter.

Il faut garder en tête que la surconsommation des pays riches est incompatible avec l’augmentation de la population mondiale. La somme de ces deux problématiques montre qu’il faudrait réorganiser entièrement les habitudes de vie humaines. L’impact de l’homme sur la nature et le changement climatique en route sont à accepter comme des vérités mondiales. Malgré le fait qu’une seule partie des hommes soit responsable de ces bouleversements, tous vont avoir à en payer le prix.

Cette conférence nous a permis d’aborder les notions du programme liées au réchauffement climatique d’un point de vue moins scolaire.

Christelle Laplanche

Ce travail a été réalisé dans le cadre des cours de SVT (Mme Larcher)

Sur le chemin de l’école

Ecolos en herbe : les idées des sixièmes.

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Pour venir à l’école, nous pouvons prendre les rollers, les vélos ou à y aller à pieds…

Nous pouvons prendre le bus ou faire du covoiturage pour utiliser moins de voitures et donc moins polluer notre ville.

Comment ?

Mongré pourrait avoir un autobus exprès pour les élèves qui habitent dans la région de Villefranche.

Sinon, pour le covoiturage, il pourrait y avoir une liste d’élèves au bureau des permanences.

Les parents pourraient ainsi s’organiser.

Besté Bacanli, Victoria Benoit, Celia Duvernay – 6°1

Ce travail a été réalisé  dans le cadre de la semaine du développement durable avec E.  Néau (professeur de français) et C. Lecocq (documentaliste).

Déchets, protégeons-nous !

Ecolos en herbe : les idées des sixièmes.

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Nous avons des poubelles partout sur les trottoirs, pourquoi ne pas se déplacer pour jeter nos déchets ?

Vous savez, une bouteille en plastique met 500 ans à disparaître et un sac plastique met 100 ans. Vous vous rendez compte ! Et en plus il y a des poubelles pour les déchets recyclables ! Utilisez-les sinon il y aura encore plus de maladies et de pollution.

Recyclons nos déchets à Mongré !

Yohann Leblanc – 6°1

Ce travail a été réalisé au CDI dans le cadre de la semaine du développement durable avec leur professeur de français, Mme Néau.

Vive la crise financière !

Vous pensez que je plaisante? Eh bien, qu’à moitié figurez-vous. Permettez-moi tout d’abord de faire un petit détour sur les conséquences de cette fameuse crise sur l’activité mondiale. Suite à l’effondrement des marchés financiers, la croissance économique mondiale a ralenti. L’indicateur permettant de mesurer cette richesse : le PIB (Produit Intérieur Brute) frôle pour certains pays développés le zéro absolu. Soit dit en passant, le taux de CO2, lui, n’est pas de zéro. Bien au contraire. Tout comme les températures qui ont fortement augmenté.

Penchons-nous plus en avant sur le PIB afin d’en comprendre les tenants et les aboutissants. Cet indicateur mesure l’évolution économique des pays. Il permet d’établir un classement entre chaque pays selon leurs richesses. Cet indicateur reflète l’efficacité productive dans l’économie et attribue une valeur monétaire aux activités. Le PIB peut ainsi glorifier une nation lorsqu’elle est compétitive sur la scène mondiale. Toutefois, beaucoup d’activités humaines n’ont pas de valeurs monétaires. C’est  pourquoi le PIB est un indicateur que l’on peut qualifier d’imparfait.

En effet, cet indicateur comporte quelques limites. Il ne prend notamment pas en compte toutes les activités non monétaires pourtant indispensables au bon fonctionnement d’une société. Le travail clandestin n’est pas pris en compte également, il est pourtant producteur d’une certaine richesse. Une mère au foyer qui éduque ses enfants et qui fait toutes les tâches ménagères contribue à l’intérêt général, et pourtant, son travail n’apparaît pas dans le PIB. Ces mêmes activités sont par contre comptabilisées dès qu’elles tombent dans la sphère économique.

D’autre part, le PIB ne peut donner un prix à tout. La banquise a-t-elle une quelconque valeur monétaire ? Et la pollution ? La déforestation et l’extinction de certaines espèces animales ? Pourquoi ne sont-elles pas considérées comme une perte de richesses alors que la dépollution est considérée comme une richesse supplémentaire, qui est alors comptabilisée positivement dans le PIB ?

De plus, le PIB classe les pays selon leurs richesses, ce qui est pertinent. Cependant, les pays du haut du classement sont les mauvais élèves en matière de pollution. Ce qui explique le titre un brin provocateur de cet article. La prise de conscience des limites du PIB a eu pour conséquences de nombreuses émulations au sein de la communauté scientifique. Par exemple, J. Tinbergen (prix Nobel d’économie 1969) propose de calculer le taux de bonheur national (BNB)! Cela laisse libre cours à notre imagination (bien qu’il soit mis en place au Bouthan en 1972). Plus récemment, N. Sarkozy a demandé à deux économistes de renommée internationale (A. Sen et L. Stiglitz) d’améliorer le PIB afin que sa mesure traduise au plus près l’activité réelle des sociétés.

De Angelis Laura, Porcherot Célia, Vigier Maxime (1ère ES2)

Cet article a été rédigé dans le cadre du cours de SES avec Mlle Mermet.

La mer d’Aral en phase terminale

Photo Yann Arthus Bertrand

Photo Yann Arthus Bertrand

Paysage de désolation. La Mer d’Aral est devenue au fil des années un véritable cimetière maritime où des dizaines d’épaves juchent sur le sol abandonnées par les eaux.

Depuis presque un demi-siècle, la mer d’Aral vit une longue agonie. En effet, de 1960 à 2004, sa surface est passée de 68 000 km² à seulement 17 160 km². Cette étendue d’eau qui est donc de plus en plus rare se situe en Asie centrale et était jadis la quatrième plus grande surface d’eau salée intérieure au monde. Aujourd’hui, à l’aube du 21ème siècle, la mer d’Aral apparait véritablement comme l’une des pires catastrophes écologiques de notre époque.

La Mer d’Aral, autrefois l’équivalent du Portugal en termes de superficie, n’est aujourd’hui qu’un vulgaire lac salé qui se dessèche dans une indifférence quasi générale de la part de la communauté internationale. Étant donné que cette catastrophe environnementale concerne plus directement le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, pays peu présents et peu influents sur la scène internationale, force est de constater que tout le monde s’en contrefiche ! En à peine quarante ans, l’Aral a perdu la moitié de sa surface et les trois quarts de son volume d’eau. Il y avait là autrefois une faune et une flore riches,  de nos jours tout cet écosystème a bel et bien disparu. Un milieu naturel unique sacrifié par l’URSS au nom d’une politique d’industrialisation démesurée. Dans les années 60, les économistes soviétiques déterminent qu’il faut développer la culture intensive de coton dans la région. Les fleuves Amou-Daria et Syr-Daria qui alimentaient jusqu’alors la mer d’Aral sont détournés pour irriguer ces nouvelles cultures. Des cultures immenses qui s’étendaient alors sur pas loin de 7 millions d’hectares. Ainsi, il s’agit de 20 à 60 km³ d’eau qui auraient été détournés en seulement l’espace d’une année, en l’an 1960. Les soviets ont ainsi provoqué la disparition de nombreuses espèces aquatiques, la salinité de l’eau devenue trop importante étant incompatible avec toutes formes de vie. De plus, l’utilisation, jadis en quantités gigantesques de pesticides et d’insecticides transportés par les deux fleuves, ont eu des conséquences sanitaires catastrophiques confirmées depuis par l’OMS. Effectivement, au fur et à mesure que la mer d’Aral s’asséchait, les substances chimiques restées au fond du bassin se sont retrouvées à l’air libre alors que l’eau s’évaporait. Ce qui a provoqué des cancers, des anémies et le taux de mortalité infantile le plus élevé au monde.

Une mer coupée en deux : l’espoir renaît !

Image satellite

Image satellite

Le déclin de la mer d’Aral tout au long des quarante dernières années est malheureusement bien visible depuis l’espace.

Un beau jour, l’Aral finit par se scinder en deux parties, pour le moins inégales. Il y a la « Petite Mer » au nord et la « Grande Mer » au sud. L’extrême salinité des eaux (10 grammes par litre en 1960, 120 en 2007 dans la Grande Mer) aura donc conduit à la disparition d’une vingtaine d’espèces de poissons et dès les années 1980, toutes les activités piscicoles cessèrent logiquement. Cependant, il existe aujourd’hui une lueur d’espoir quant à la survie de la mer d’Aral. Le miracle pourrait se produire pour la Petite Mer qui, elle, a une réelle chance de perdurer. La raison en est simple : à la différence du sud où le fleuve Amou-Daria est toujours détourné pour la culture du coton qui continue encore de nos jours, le Sir-Daria au nord déverse désormais dans l’Aral un débit conséquent et régulier. Depuis 3 ans, le niveau en eau de la Petite Mer se stabilise et le taux de salinité n’augmente plus inexorablement comme auparavant. À noter que le barrage de Kokaral, inauguré en 2005, grâce à un financement du Kazakhstan et de la Banque mondiale a, lui aussi, contribué à ce petit miracle. Le rôle principal de cette  gigantesque digue longue de 13 km est de stopper l’écoulement à perte du fleuve Sir-Daria dans la partie sud de l’Aral (la Grande Mer) qui semble, quant à elle, totalement condamnée et donc vouée à un assèchement définitif.

Le dilemme économique

Cartographie

Cartographie

Les ressources économiques autour de la mer d’Aral. (Source : Cartografareilpresente.org)

La culture du coton fait vivre des milliers d’ouzbeks en amont de l’Amou-Daria. Il s’agit de la base de l’économie de la région, la machine industrielle est lancée et ira sans aucun doute jusqu’à l’assèchement total de la Grande Mer. Mais que dire des pêcheurs vivant en aval de ce même fleuve ? Eux ont tout perdu. N’ayant pas les moyens de se reconvertir dans la culture du coton, ils acceptent le travail ouvrier qu’offre cette industrie, faute de mieux. Sauver la Mer d’Aral est aujourd’hui impossible, mais l’homme peut encore préserver la Petite Mer et rétablir l’activité de la pêche. Préserver la Petite Mer pour se donner bonne conscience, abandonner la Grande Mer pour assurer l’économie du coton : telle pourrait être l’analyse de la situation actuelle. Pour autant, il est vraisemblablement trop tard et l’homme a tout de même asséché, en l’espace de quelques décennies, l’une des plus grandes réserves d’eau intérieure de la planète. Cela paraît complètement fou, mais cela a été fait.

Il y a 50 ans, la mer d’Aral offrait du travail à la fois aux pêcheurs comme aux producteurs de coton. Le jour où la balance a été déséquilibrée, tout a été déréglé et en premier lieu la nature.  Cette harmonie aujourd’hui détruite doit faire prendre conscience de la façon dont on doit mener le développement. La catastrophe de la mer d’Aral est l’exemple terrible d’une nature forcée, déséquilibrée, au profit d’une manœuvre agricole et économique non mesurée. Cet exemple doit nous convaincre qu’on ne peut choisir entre économie et environnement ; nous pouvons dès maintenant comprendre qu’il faut nous organiser en respectant tous les aspects de la nature. De même, il est primordial de faire en sorte que l’homme puisse jouir de ce qu’offre la nature  dans le but d’exercer une activité économique et ainsi subvenir à  ses besoins.

Il y a donc de l’espoir pour l’avenir de la région, l’Asie centrale est une véritable réserve de ressources naturelles telles que le gaz et le pétrole. On parle d’ailleurs de plusieurs gisements pétroliers potentiels aux alentours de l’Aral, ce qui serait une véritable aubaine pour ce territoire dévasté en pleine reconstruction économique. Le nord commence à aller mieux grâce à la résurrection inespérée de la Petite Mer ; quant au sud, il continue de soustraire à la nature des quantités invraisemblables d’eau  destinées à la culture du coton. Le réveil prévoit d’être difficile lorsqu’un beau jour il n’y aura plus la moindre goutte d’eau en mer d’Aral.

Le partage de l’eau dans le futur

La nouvelle capitale du Kazakhstan, Astana

La nouvelle capitale du Kazakhstan, Astana

La nouvelle capitale du Kazakhstan, Astana, a été inaugurée en 1998 et se développe depuis extrêmement rapidement sur le modèle d’une ville américaine.

La Petite Mer sera sauvée, espérons-le. Mais, par malheur, la Grande Mère n’aura pas cette chance, elle est sans aucun doute, aujourd’hui, condamnée à disparaître. Les cinq républiques d’Asie centrale crées par Staline dans les années 1930 (Kazakhstan, Ouzbékistan, Turkménistan, Kirghizstan et Tadjikistan.) sont toutes dépendantes du même réseau hydraulique. En 1993, un Fonds d’assainissement de la mer d’Aral (Ifas) est créé pour mettre en place une politique commune de la gestion de l’eau. Manifestement, un échec total. Seul le Kazakhstan, relativement prospère grâce à son pétrole, se préoccupe véritablement du milieu naturel. Mais pour les autres États de la région, plus pauvres, la protection de l’environnement n’est malheureusement toujours pas à l’ordre du jour. L’exemple de l’Ouzbékistan est saisissant,  la culture du coton demeure une source de revenus à l’exportation et représente près de 25% de son PIB – le gouvernement ouzbek ne veut et ne peut y renoncer. En amont, le Kirghizstan souhaite développer ses capacités hydroélectriques, aux dépens bien évidemment de l’irrigation en aval. Mais outre les risques importants qui pèsent sur l’écosystème, ces désaccords sur le partage de l’eau constituent des sources de conflits politiques potentiels.

Même atrophiée par l’homme, la mer d’Aral survivra en partie à un nouvel épisode malheureux de sa longue histoire. Il y a trois ans, des archéologues ont découvert sur les terres asséchées de l’Aral les vestiges de deux cités anciennes baptisés par les scientifiques : Kerdeli 1 et Kerdeli 2. Ces découvertes confirment des études selon lesquelles il y aurait eu des détournements de l’Amou-Daria à l’époque de Gengis Khan (XIIème siècle) et de Tamerlan (XIVème siècle) vers la mer Caspienne. Des détournements naturels ou peut-être provoqués par l’homme qui auraient sans doute fait subir à la mer d’Aral un sort similaire à celui qu’elle connaît aujourd’hui…

Rédaction : Edouard Josse

Recherches : Maxime Vigier, Adrien Chouve, Antoine Chardon. (Première ES2)

Cette enquête a été réalisée lors des séances d’ECJS (C.Lecocq)