Cancers, fertilité et environnement

Cancers, fertilité
Le 16 janvier 2015, Philippe Perrin, éco-infirmier, est intervenu auprès de notre classe afin de nous expliquer l’influence de l’environnement sur notre santé. Philippe Perrin est directeur de l’IFSEN (Institut de Formation en Santé Environnementale) et il réalise de nombreuses interventions pour prévenir et sensibiliser un large public sur les dangers et les risques de contracter un cancer lié à l’exposition de certains paramètres environnementaux. « Ne pas porter atteinte à sa santé, c’est facile, il suffit de le savoir » dit-il. Il nous a aussi mis en garde quant aux modifications possibles de notre génome dues à notre environnement, modifié par l’homme.

Dans un premier temps, M. Perrin a défini ce qu’est un cancer: Le mot cancer est un terme générique qui désigne tout un groupe de maladies susceptibles d’affecter n’importe quelle partie du corps, c’est une prolifération anarchique de cellules, provoquant des tumeurs initialement localisées dans divers organes et pouvant ensuite se disséminer à distance. Il a également énoncé les différentes phases d’une cancérisation dans un organisme : l’initiation, la promotion, la progression et enfin l’invasion.
De plus, un cancer n’est pas un phénomène totalement aléatoire. Certains facteurs externes peuvent être à l’origine de l’apparition de cette maladie ; ces facteurs peuvent être liés à des conditions professionnelles: radioactivité dans les centrales nucléaire, amiante dans les bureaux… Ils peuvent aussi se trouver dans la vie quotidienne comme la fumée des pots d’échappement. Comme le dit P. Perin : « un polluant en moins c’est une chance en plus ! »
Certaines substances même administrées à très faible dose (en dessous de seuils toxiques) lorsqu’elles sont associées peuvent avoir des effets dangereux, c’est l’effet cocktail.
A ces risques, s’ajoutent des facteurs comme l’âge ou le stress.
Les substances chimiques sont classées par rapport à leurs caractéristiques cancérogènes :
• la classe n°1: cancérogène humain ;
• la classe n°2a: cancérogènes humain probable ;
• la classe n°2b: cancérogène humain possible ;
• la classe n°3: substances non classifiable ;
• la classe n°4: les substances probablement non cancérogène.

Actuellement 1000 substances chimiques sur les 400 millions existantes ont été évaluées pour leurs propriétés cancérigènes. Parmi elles, beaucoup nous entourent : les particules fines, l’E150 D qui est un colorant alimentaire très utilisé, présent notamment dans le Coca-Cola, les bonbons au caramel mais aussi le vinaigre balsamique. Face aux substances cancérigènes, on oublie bien souvent les perturbateurs endocriniens.

Les perturbateurs endocriniens interfèrent avec les mécanismes hormonaux en se fixant sur les récepteurs destinés à accueillir les hormones et entraînent un dysfonctionnement des systèmes hormonaux. Parmi eux, on peut citer le bisphénol A présent dans les plastiques (et notamment sur les tickets de caisse) et les parabènes utilisés en cosmétique.

L’organisme humain est le même depuis l’homme des cavernes, or l’environnement a changé. Ce sont les substances synthétisées par l’homme au cours de l’histoire qui présentent un risque pour notre organisme aujourd’hui.
P. Perin a dit « la recherche progresse, mais le cancer aussi ».

Cette phrase illustre bien l’évolution du cancer en France. En effet, en 1980, le nombre de nouveaux cas par an était alors de 160 000, contre 365 000 nouveaux cas en 2014, soit 1000 personnes par jour!
Un cancer n’est pas forcément induit par des facteurs environnementaux, il peut l’être aussi par des facteurs que l’on retrouve dans notre alimentation, notre sédentarité ou encore notre exposition au soleil (rayon U.V=> facteur mutagène).
Par exemple il a été prouvé qu’une trop forte consommation de viande rouge augmente le risque d’avoir un cancer du sein. Il faut alors choisir la bonne viande pour éviter les risques.

Certains perturbateurs comme les phtalates contenus dans certains parfums cosmétiques sont en réalité des synthèses d’œstrogènes (hormone féminine). Cela peut entraîner des cancers du sein ou une puberté précoce chez les jeunes filles. Les parfums pour bébé sont alors à proscrire.

Pour finir, le téléphone portable ne doit pas être transporté dans la poche près des organes reproducteurs, Les ondes émises par les portables sont soupçonnées de pouvoir être à l’origine de cancers ou encore de stérilité. Depuis 1950, le nombre de spermatozoïdes par millilitre d’éjaculat a diminué de plus de moitié. Ce nombre est passé de 113 millions de spermatozoïdes par millilitre en 1940 à 66 millions par millilitre en 1990.

Pour conclure, nous pouvons dire qu’il est facile de ne pas porter atteinte à sa santé en prenant des précautions et en étant vigilant quant aux substances que nous utilisons et aux aliments que nous ingérons dans la vie quotidienne. Nous pouvons par exemple éviter l’exposition aux fumées, au soleil et faire du sport. Mais il est surtout essentiel de se faire dépister régulièrement car plus un cancer est détecté tôt, plus les chances de survie sont élevées. Le nombre de cancers ne cessant d’augmenter, il est nécessaire d’en parler comme le fait P. Perrin pour sensibiliser la population et faire en sorte que ce nombre toujours croissant finisse par décroître, voire disparaître et n’être plus qu’un mauvais souvenir.

Léa Contal et Adama Diop
Cet article a été écrit dans le cadre de l’EDD et des cours de SVT de C. Larcher et A. Portelli

Un polluant en moins est une chance en plus !

Un polluant en moins
Le 16 janvier 2015, les élèves de 1ère S1 et 1ère S3 de Mongré ont assisté à une conférence sur les liens entre fertilité, cancers et environnement présentée par Philippe PERRIN, éco-infirmier.
Celui-ci a trouvé judicieux de mêler santé et environnement et a donc suivi deux formations distinctes : l’une sur la santé, l’autre sur l’environnement. Il est l’un des seuls en France à avoir suivi cette formation hybride, et par la suite décidé de l’enseigner afin de sensibiliser un maximum de personnes.

Il a commencé par nous faire remarquer que l’on ne se préoccupe que des personnes malades et que l’on néglige les individus sains. Or, si l’on se souciait des populations ne présentant pas de symptômes visibles, on pourrait détecter plus rapidement la mise en place d’une maladie.
Ensuite, on peut constater qu’au fil des années, le corps évolue peu alors que l’environnement, lui, change considérablement ; nous sommes d’ailleurs de plus en plus exposés aux substances synthétiques (100 000 substances ont été introduites en un siècle).
Il existe de nombreuses pathologies mais la conférence portait sur les cancers, terme générique désignant tout un groupe de maladies susceptibles d’affecter n’importe quelle partie du corps, dues à une prolifération anarchique des cellules. Elles sont la première cause de décès, 150 000 victimes chaque année, en France. Il existe cinq niveaux pour classer les substances cancérogènes :
-4 : substances non cancérogènes pour l’homme ;
-3 : substances non classifiables car les chercheurs ne disposent pas assez de données ;
-2B : substances jugées susceptibles d’être cancérogènes ;
-2A : substances probablement cancérogènes pour l’homme ;
-1 : substances cancérogènes pour l’homme.

M. Perrin nous a informé, qu’après de nombreuses études, on remarque que l’incidence, c’est à dire le nombre de nouveaux cas de cancers, augmente chaque année de façon inquiétante. En effet, si en 1980, on comptait 160 000 nouveaux cas, aujourd’hui ils sont 365 000 c’est à dire 2.5 fois plus. Cependant cette augmentation n’est pas seulement liée à la croissance démographique ou au vieillissement de la population mais à une plus forte exposition aux agents cancérogènes comme les téléphones portables, le tabac etc. Nous avons également appris que les travailleurs de nuit étaient davantage exposés au cancer à cause du bouleversement du rythme (diminution des secrétions de certaines hormones luttant contre la maladie).
Un autre problème touche de plus en plus la population : l’infertilité, c’est-à-dire l’impossibilité d’avoir un enfant. En effet de nombreux couples souffrent d’hypofertilité (difficulté à avoir un enfant) ou même d’infertilité et doivent, par conséquent, avoir recours à la fécondation in-vitro. Cela s’explique par une concentration spermatique de plus en plus faible. En effet elle est passée de 113 millions de spermatozoïdes par ml en 1940 à 66 millions en 1990, pour finir à 49 millions de nos jours. Ce phénomène est dû à de nombreux perturbateurs endocriniens modifiant le système hormonal (comme par exemple l’imperméabilisant pour chaussures !).
L’alimentation et les conditions de vie ont également un impact important sur notre santé, comme le disait Hippocrate : « De ton alimentation tu feras ton médicament ». Une question se pose alors : comment pourrait-on limiter les risques de cancers ?
Tout d’abord, nous pourrions privilégier les produits biologiques (sans pesticides) et faire attention aux composants des aliments que nous achetons. De plus, de nos jours, nous consommons trop de viande rouge, ce qui augmente les risques de cancers et pollue en même temps la planète. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’eau du robinet est, en général, bien plus conseillée que celle en bouteille. En effet, la bouteille en plastique pourrait contaminer l’eau qu’elle contient.
Les radios-fréquences sont également source de cancers. Afin de les limiter, il est préférable d’utiliser son téléphone portable lorsqu’il y a un bon réseau (ce n’est pas le téléphone qui pose problème mais l’usage qu’on en fait). Enfin, des études ont démontré que certains cosmétiques seraient composés de substances cancérogènes ; mieux vaut alors préférer le savon de Marseille au gel-douche et éviter certains parfums. Pour terminer, plusieurs gestes simples de la vie quotidienne pourraient réduire les risques de cancers comme, par exemple, le fait de favoriser l’utilisation de produits labellisés écoresponsables.

Pour conclure, un polluant en moins est une chance en plus !

Manon Milliat et Eva Chaize, 1èreS3
Cet article a été rédigé dans le cadre des cours de SVT de C. Larcher et A. Portelli et en lien avecl’EDD.

La santé de l’être humain est le reflet de la Terre

Formation sur la santé et l’environnement les 5 et 6 décembre 2012

Approche globale et animation en éducation pour la santé  environnementale

Cette formation était proposée par l’ADES du Rhône  (Association Départementale d’Education pour la Santé),  animée par Lucie Supiot, chargée de projet santé/environnement et Nathalie Röbbel, ancienne consultante pour l’OMS.

La santé de l'être humain 1

QUELQUES DÉFINITIONS

La santé globale

« La santé est perçue comme une ressource de la vie quotidienne et non comme le but de la vie ; il s’agit d’un concept positif mettant en avant les ressources sociales et individuelles ainsi que les capacités physiques. » Source : OMS, conférence d’Ottawa 1986

«  La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité » Source : OMS, 1946

Déterminants de l’état de santé :

Les  environnements physiques, politiques et sociaux, tout comme les facteurs socio-économiques et personnels et les comportements individuels et culturels déterminent notre état de santé.

Promotion de la santé :

Processus qui confère aux populations les moyens d’assurer un plus grand contrôle sur leur propre santé, et d’améliorer celle-ci, notamment en agissant sur les déterminants sur lesquels on le peut.

L’Éducation Pour la Santé (EPS)

Les valeurs :

  • Promouvoir la qualité de vie,
  • respecter l’individu et le groupe,
  • promouvoir la responsabilité des personnes et des institutions,
  • contribuer à réduire les inégalités de santé.

Les 3 niveaux d’intervention :

  • Le savoir,
  • le savoir-faire,
  • le savoir-être.

Prenons un exemple : l’équilibre alimentaire des jeunes ou comment réduire leurs déséquilibres alimentaires et faire évoluer leurs comportements.

–          Agir sur le savoir, c’est donc améliorer leurs  connaissances sur l’alimentation et apporter des notions sur les aspects pratiques.

–          Agir sur le savoir-être, c’est s’interroger sur le rôle des médias, faire prendre conscience aux jeunes des contraintes de la vie en société.

–          Agir sur le savoir-faire, c’est faire tester aux jeunes différentes pratiques culinaires, mettre en scène des situations de repas.

La santé environnementale

« La santé environnementale comprend les aspects de la santé humaine, y compris la qualité de la vie, qui sont déterminés par les facteurs physiques, chimiques, biologiques, sociaux, psychosociaux et esthétiques de notre environnement. Elle concerne également la politique et les pratiques de gestion, de résorption, de contrôle et de prévention des facteurs environnementaux susceptibles d’affecter la santé des générations actuelles et futures »  Source :  l’OMS1994

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L’ÉDUCATION A L’ENVIRONNEMENT

Objectifs

  • Sensibiliser à la richesse et à la fragilité de la nature,
  • favoriser la compréhension des liens entre les êtres vivants,
  • susciter des interrogations sur la place de l’homme dans la nature.

Thématiques

  • La faune et la flore,
  • Les milieux,
  • L’environnement (déchets, développement durable…)

… pour une  vision  plus globale avec possible intégration de la santé :

  • Alimentation,
  • Agriculture bio,
  • Pollution
  • Espaces clos

LES ENJEUX EN RHÔNE- ALPES

Le milieu

  • L’eau : protection inégale en fonction des départements
  • L’air extérieur : 1ère région émettrice de rejet et 2ème région exposée à la nuisance sonore et à l’ambroisie.
  • L’habitat/l’air intérieur : risque saturnin et radon
  • Le sol : région avec le plus grand nombre de sites pollués

Les risques industriels

Les enjeux spécifiques aux « publics vulnérables  »

  • Inégalités liées au contexte socio-économique (saturnisme),
  • inégalités géographiques liées à l’absence d’homogénéité des altérations de l’environnement sur le territoire (Sevezo)

LES ACTEURS LOCAUX ET LEURS CHAMPS D’ACTIONS (exemples)

Les collectivités

  • Conseils Régionaux CR-RA : 1er français à nommer un vice-président santé-environnement
  • Conseils Généraux

Éducation à l’environnement, lutte contre l’ambroisie ou le saturnisme…

  • Communautés de communes et les villes

Les agences régionales de santé  (ARS)

Établissements publics de l’État à caractère administratif (Ressources de l’État et de l’Assurance maladie)

  • Compétentes sur le champ de la santé dans sa globalité : la prévention, les soins et l’offre de soins, l’accompagnement médico-social…,
  • compétentes sur le champ de la santé environnementale, souvent d’un angle curatif et parfois préventif

http://www.ars.rhonealpes.sante.fr.

Les instituts de recherche

Ex : Institut National de Recherche en Sciences et  Technologies pour l’Environnement et l’Agriculture (IRSTEA)

Ses objectifs concernant le domaine de l’Eau :

  • Mieux gérer la ressource en eau,
  • réduire les impacts des rejets de polluants et de toxiques sur les écosystèmes aquatiques,
  • diminuer la vulnérabilité aux risques associés au cycle de l’eau (inondations et sécheresses).

http://www.irstea.fr/linstitut/nos-centres/lyon

Associations de veille 

Ex : Associations  Agréées  pour la Surveillance de la Qualité de l’Air (AASQA)
Associations associées aux services de l’État

Exemples d’associations régionales

  • L’association Santé – Environnement en Rhône-Alpes (SERA)

→ Ondes électromagnétiques, pollution de l’air

  • Le Réseau Environnement Santé Rhône-Alpes – RES RA

→ Perturbateurs endocriniens, maladies chroniques…

  • La Fédération Rhône-Alpes de Protection de la nature – FRAPNA (le RESPIR)

→ Pollution atmosphérique, PCB…

  • Le pôle thématique régional ESE animé par l’IREPS-RA et le GRAINE-RA

→ Éducation  à la santé environnementale

Autres professionnels éventuels

  • de la Petite enfance,
  • du Bâtiment
  • de l’Education nationale,  des services de l’Etat

….et vous !

La société civile

Son niveau d’implication peut déterminer le niveau de prise en compte d’un problème

–          ex de succès : Bisphénol A

–          ex d’échec : Pesticides

CHOISIR ET TROUVER L’INFORMATION …

  • Liste des ingrédients
  • Etiquettes « AB » « BIO »
  • Etiquette « AIR » : Mise en place d’un étiquetage des produits de construction et de décoration, basé sur les émissions de COV, depuis le 1er janvier 2012.

NOTRE SANTE…NOTRE RESPONSABILITE… NOTRE IMPACT SUR LA PLANETE !

 « La qualité de vie est définie comme la perception qu’un individu a de sa place dans la vie,

dans le contexte de la culture et du système de valeurs dans lequel il vit, en relation avec ses objectifs, ses

attentes, ses normes et ses inquiétudes » Définition de l’OMS 1993

pnse

E. Novales et M. Vigier